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Madrid boudée par ses habitants pendant la semaine sainte ? Pas si sûr : du 9 au 16 avril, 16 processions, 2 chemins de croix et 1 parade aux tambours ont séduit une foule dont le nombre a dépassé toutes les prévisions !
 Processions du Jeudi saint à Madrid. (Photo LPJ)
La semaine sainte est traditionnellement, avec le mois d’août, l’époque où Madrid se vide. Chaque année, un tiers de la population s’échappe de la capitale, à cette occasion, souvent pour aller suivre les festivités dans d’autres villes plus réputées comme Séville, Malaga ou Cordoba. Côté ambiance, pourtant, Madrid n'a rien à envier à ses concurrentes. Et les fidèles et touristes restés dans la capitale la semaine dernière ont pu assister à une série de célébrations hautes en couleur. Morceaux choisis...
Jeudi Saint, 17H00. Les bonnes places se méritent : certains arrivent deux heures à l’avance. Les plus casaniers suivent en direct sur TV Madrid ou sur internet ces impressionnantes processions qui démarrent simultanément de plusieurs églises de la capitale. La chaîne locale a même organisé un plateau avec un prêtre qui commente et répond aux questions les plus pointues des journalistes terrain. Mais rien ne vaut l’ambiance de la rue...
19H00, église de San Pedro. En plein coeur du quartier populaire de la Latina, à deux pas de la Plaza Mayor, 42 gaillards de même stature et 5 remplaçants se préparent méticuleusement pour porter le très populaire Jésus de Nazareth, dit Le Pauvre. Chacun déplacera 40 kilos. La chaussure de rigueur est la traditionnelle espadrille. Grandeur nature, Jésus de Nazareth en impose, sur son char fastueusement décoré d’or et d’argent massif et d’étoffes pourpres brodées de fils d’or. En se tenant par l’épaule, les porteurs entâment lentement et laborieusement leur sortie de l’église, sous les encouragements de la foule ("Allez, soyez courageux ! Soulevez notre Seigneur vers le ciel comme vous savez le faire, il vous en sera éternellement reconnaissant !") Parmi les porteurs, certains pleurent... émus de s'être vu confier cette mission.
19H50, calle del Nuncio. La sortie la plus spectaculaire est annoncée. Une Vierge est sortie par des porteurs, debout, à genoux puis à quatre pattes et enfin à bout de bras. La statue en question, parfaite réplique de la Vierge de la Macarena, affiche un blanc éclatant souligné par une multitude de fleurs et de bougies immaculées.
20H10. Les pénitents et leurs singulières cagoules pourpres pointues escortent les chars. La fanfare rythme la procession, l’encens l’embaume. Les femmes en mantilles noires défilent dignement...
23H30. Chaque procession rentre au bercail. Les porteurs exténués vont commenter dans un bar chaque manoeuvre. Badauds et fidèles repartent ravis. Un singulier mélange de dévotion, de folklore, de sueur et d’encens flotte dans l’air.
Camille DE LA ROCHERE. (LPJ) 18 avril 2007 |