Réalisée à Pise, greffée à Rome... Les cinq doigts d'aluminium de la main bionique, la première jamais réalisée, dialoguent avec l'esprit
La première implantation
La cybermain fonctionne. Un an après la première implantation sur le bras gauche d'un jeune homme, victime d'un accident de la route qui a obligé les chirurgiens à pratiquer une amputation jusqu'à la moitié de l'avant bras, les résultats de l'opération vont être présentés et publiés sur une revue scientifique internationale. L'intervention, réalisée par une équipe de chirurgiens de l'Université "Campus Biomedico"de Rome, remonte au 20 novembre 2008 et n'a présenté aucune complication
Smart Hand
La Main artificielle. Ph: Courtoisie de l'Arts lab de Pise
La main artificielle, qui pèse 2 kg, a été mise au point par un groupe de chercheurs suédois, de l'Université de Lund, et italiens, de l'Ecole Supérieure Sant'Anna de Pise. Cette main permet au patient de percevoir les sensations de prise, de poussée et de toucher. C'est à dire de reconnaitre un objet, de le saisir et de le tenir solidement entre les cinq doigts d'aluminium, tout à fait indépendants, et la paume de la main intelligente. Grâce à un système très sophistiqué de senseurs placés dans les nerfs du poignets et de l'avant bras, la Smart Hand est capable de dialoguer avec le cerveau et de traduire en mouvement ce que le patient est en train de penser. Le patient opéré à Rome n'est pas le premier à avoir reçu cette prothèse: la même main robotique a été greffée sur un jeune suédois, amputé à cause d'une grave tumeur au poignet.
Lifehand
La main bionique a été réalisée dans le cadre du projet Lifehand, financé par des fonds européens s'élevant à 2 millions d'euros sur cinq ans. Il a fallu des années pour obtenir ce résultat. Jusqu'à présent, la robotique proposait des membres électroniques qui n'étaient guère autre chose que des pinces actionnées par la contraction du bras. La grande nouveauté de cette prothèse est sa partie sensorielle. Les chercheurs reconnaissent qu'il y a encore beaucoup de problèmes à résoudre, mais la route est ouverte et de nouvelles expériences vont permettre de confirmer l'efficacité du système.
Jacqueline Missoffe (www.lepetitjournal.com - Rome) vendredi 18 décembre 2009
(Article publié intialement dans l'édition Toscane du jeudi 3 décembre 2009)