Mardi, 14 Février 2012
Le TGV avance à grande vitesse : 8.000 kilomètres programmés d’ici 2012 et une ligne récemment achevée: Wuhan-Canton dont les 1.064 kilomètres sont dévorés en moins de trois heures à 350km/h de moyenne

TGV en gare de Wuhan, Hubei (Crédit photo: China Daily)


Selon la presse locale, c’est la ligne la plus longue et la plus rapide du monde. Japon, France, Allemagne... les lignes mondiales les plus prestigieuses sont devancées. Mais il y a l'envers du décor : à 500¥, le prix du billet est doublé, devenant inaccessible pour certains…

Voyant cet étonnant succès technique pour un pays qui, dix ans plus tôt, ne possédait aucun train à grande vitesse, la Corée du Sud médite son propre projet visionnaire: un TGV Séoul-Weihai (Shandong), via un tunnel de 300 km. Les deux capitales seraient alors à 4h de distance, de gare à gare (soit plus rapidement que par avion), tout en ouvrant des liaisons directes avec une vingtaine de métropoles chinoises dans le même rayon d’action.

Mais Pékin accueille ce projet avec froideur. Car le forage coûtera 90 milliards de dollars au bas mot et prendra vingt ans à mener à terme, dit le bureau d’études. Or si la Chine n’hésite pas à dépenser bien plus sur son sol, il n’en va pas de même pour un projet binational. Pire : les promoteurs coréens pensent que l’outil servira leur expansion vers l’Ouest chinois, où la Corée battrait les fournisseurs locaux par ses technologies supérieures —ce qui n’est pas un très bon argument de vente en ce pays
.
Enfin, les experts chinois notent que les Coréens ont un projet identique, vers Kiushiu (Japon) : il s’agit donc d’un rêve de désenclavement de la Corée du Sud, qui n’engage qu’elle-même !

Eric MEYER, Extrait du Vent de la Chine N°40 (www.lepetitjournal.com - Shanghai) Mardi 15 décembre 2009