Mardi, 14 Février 2012
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C'est la plus grande enquête jamais menée sur les expatriés du monde entier. "Expat explorer", l'étude dirigée par la banque HSBC, révèle les rapports des expatriés avec leur pays d'accueil et les difficultés liées à la conjoncture économique. Zoom sur l'Espagne


(Photo Creative Commons eisenbahner)

L'étude dirigée par HSBC Bank International a été menée auprès de plus de 3000 expatriés dans plus de 50 pays du monde entier. Trois volets constituent l'enquête : la partie économique, l'intégration dans le pays d'accueil et l'éducation des enfants dans le pays d'expatriation. Les résultats de cette dernière partie seront rendus publics en 2010. L'analyse des deux premiers volets de l'enquête révèle d'ores et déjà d'intéressantes tendances.

La crise fort ressentie en Espagne
Sans surprise : la crise affecte aussi les expatriés. Ainsi, près de la moitié des expatriés au Royaume-Uni et un quart de ceux installés aux Etats-Unis envisageraient de retourner dans leur pays d'origine, du fait de la conjoncture économique actuelle. Si les Etats-Unis, la Thaïlande et l'Afrique du Sud sont les pays où les expatriés sont les plus touchés, l'Espagne n'est pas en reste. Pour 81% des personnes interrogées, c'est la terre d'expatriation où la réduction des dépenses de consommation courante est la plus sensible. Autre élément de l'étude : l'Espagne est un des pays les moins favorables à l'épargne, derrière la France.
Globalement, les expatriés bénéficient d'un meilleur niveau de vie à celui qu'ils ont laissé derrière eux, dans leur pays d'origine. 74% d'entre eux affirment jouir d'un revenu supérieur à celui dont ils étaient gratifié avant l'expatriation. C'est vrai pour tous, sauf pour les Anglais et... les Français.
Où vivent donc les expatriés les plus aisés ? Loin de Madrid, des Pyrennées et de l'Europe en général. Les expats les mieux payés résident en Russie, au Japon ou au Qatar. En Asie, 25% des expatriés interrogés disposent d'un revenu supérieur à 200.000 dollars par an.

La qualité de vie : une priorité en termes d'expatriation
A en croire les résultats du second volet de l'étude, c'est au Canada, en Allemagne et en Espagne qu'il est plus facile de s'intégrer. C'est par exemple dans ces pays que l'on se fait le plus facilement des amis ou que l'on apprend plus facilement la langue locale. Ainsi, 70% des expatriés ont appris l'espagnol, tandis que seulement 28% des personnes interrogées ont fait l'effort d'apprendre la langue de leur pays d'accueil.
Les populations d'accueil jugées les plus sympathiques sont majoritairement Asiatiques : Thaïlande, Vietnam, Malaysie, Hong-Kong, Bahrain monopolisent le quinté de tête. A cet égard l'Espagne est classée seulement treizième.
Mais la qualité de vie espagnole reste fort appréciée : en Europe, elle arrive en seconde position, derrière la France et devant l'Allemagne. Bon dernier : le Royaume-Uni. Et l'enquête de révéler de petites surprises : les personnes interrogées ont notamment donné la note maximale au système de santé espagnol. Pareillement, elles ont accordé de bonnes notes aux horaires de travail, à la qualité de la vie de famille ou encore à la qualité de la vie sociale, offerts en Espagne. Les points noirs : l'éducation, la scolarité et les services...

La belle vie
"Plus de la moitié des expatriés interrogés touchent 100 000 USD ou plus, ce qui n’est pas donné à tout le monde, notamment dans le contexte actuel", souligne Paul Say, directeur du marketing et de la communication de HSBC Bank International. Touchés par la crise, certes, les expatriés n'en restent pas moins un segment des plus dynamiques de la population mondiale. Une catégorie à part qui a choisi de s'exiler, à la recherche de plus gros revenus et d'une meilleure qualité de vie. Durée moyenne de l'exil : 5 ans.
Antoine TESSON (www.lepetitjournal.com - Valence) jeudi 10 décembre 2009.

Liens utiles :
Le blog expat explorer
L'étude Expat Explorer