Mardi, 14 Février 2012

Après avoir fêté leurs 20 ans d’existence en 2008, Les Belles Etrangères ont cette année pris les couleurs américaines. Douze écrivains venus des quatre coins des Etats-Unis ont sillonné la France et vont à la rencontre des libraires, des bibliothécaires, des écoles et des universitaires

Un livre sur trois traduits en français est américain, ce qui fait de la littérature américaine l’une des plus connues en France. Pourquoi donc ce choix ? "Eclectisme"est le fin mot de l’histoire. Le CNL (Centre National du Livre) et ses partenaires avaient choisi cette année de faire découvrir la richesse et la diversité de la production littéraire outre-Atlantique.
De la côte Ouest à la côte Est, six Etats ont été représentés à travers les douze auteurs invités. La diversité n’est pas seulement territoriale, car sont à l’honneur, romanciers, nouvellistes, poètes, historiens et même un dessinateur de BD, Matt Madden. Ces auteurs, à l’image de Charles D’Ambrosio, John Haskell, Percival Everett, Forrest Gander, ou encore Hannah Tinti la benjamine de cette édition, sont tous issus de genres littéraires différents. C’est bien à travers ce panorama des genres, que Les Belles Etrangères 2009 ont tenté de mettre en avant d’autres facettes d’un pays si immense.

Réflexion historique
Pour la première fois ont été choisis des auteurs de sciences humaines et sociales. En l’occurrence ce sont, ici, les historiens californiens Yuri Slezkine et Richard White. D’origine russe, Yuri Slezkine a publié dernièrement un essai audacieux intitulé Le siècle juif, où il développe une réflexion sur les conditions de vie des migrants dans le monde. L’auteur s’est appuyé sur sa propre expérience dans les sentiers de l’immigration. Quant à Richard White, il s’est attelé pendant des années à une relecture minutieuse de l’histoire américaine, remontant au XVIIe et XVIIIe siècles. Dans le Middle Ground, publié en 1991 et enfin traduit en français, White avait remis en question certaines interprétations de l’histoire américaine, notamment à propos des Indiens.
Et s’il est une chose que ces invités américains ont partagé, au-delà des frontières de leurs genres, c’est le souci de la forme. Textes courts, longs ou "mi-long", ils racontent tous des histoires, de celles qui façonnent l’Amérique d’aujourd’hui.
Adil Elamrati. (www.lepetitjournal.com) lundi 7 décembre 2009