En France
La Une La Une Eco Eco Culture Culture Mag Mag Sports Sports Tourisme Tourisme Expat Expat Gourmet Gourmet Vous Vous Forum Forum SANTE SANTE
jeudi 04 décembre 2008
Météo - variable - (max 15° à 18º)
NEWSLETTER
 Abonnez-vous gratuitement
1.
2.
Plus d'infoInfo Newsletters
INTERVIEW - Mairead Corrigan Maguire, prix Nobel de la Paix 1976, milite encore pour la non-violence Suggérer par mail
dimanche 16 avril 2006

Lauréate du prix Nobel de la Paix en 1976 pour son action pour promouvoir la non-violence en Irlande du Nord, Mairead Corrigan Maguire revient sur son engagement passé, et livre sa vision de l'avenir de son pays et du futur des Peace People, organisation dont elle est l'une des créatrices. Première partie d'un entretien qui se poursuivra demain mardi... 

Le 10 août 1976 à Belfast, une patrouille de l'armée britannique abat un volontaire de l'IRA au volant de sa voiture. Le véhicule percute le trottoir et tue trois enfants, Andrew (6 semaines) John (2 ans) et Joanne (six ans) et blesse leur mère Anne, soeur de Mairead Corrigan. Mairead  crée alors l'organisation des Peace People avec Betty Williams et Ciaran McKeown. Les Peace People prônent la paix et refusent l'usage de la violence. A leur initiative, au cours de l'année 1976, des manifestations regroupant jusqu'à un demi-million de personnes sont organisées chaque semaine à Belfast et en Irlande du Nord, jusqu'au coeur des quartiers protestants et catholiques. Mairead et Betty reçoivent le prix Nobel de la paix en 1976. Aujourd'hui, les Peace People continuent leur combat pour une résolution pacifique de la situation nord-irlandaise et le rétablissement de la confiance entre les communautés

Depuis trente ans Mairead Corrigan Maguire fait l'apologie de la non-violence pour la résolution des conflits. (photo: LPJ)

Le Petit Journal - Pouvez-vous nous présenter l'action des Peace People ?
Mairead Corrigan Maguire -
Les Peace People considèrent la non-violence comme la seule solution aux conflits civiles et ethniques. Au cours des trentes dernières années, nous avons continué, à notre échelle, à enseigner la paix dans les écoles et à travailler pour la Décennie internationale de la promotion d'une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde [programme de l'ONU initié en 2001]. A la fois localement et internationalement sur les questions de l'Irak ou d'Israël, nous essayons de dire que les problèmes ne peuvent être résolus que par le dialogue et la négociation, que le militarisme, la guerre et les armes nucléaires ne font pas partie des solutions.

LPJ - Les objectifs des Peace People sont-ils les mêmes qu'à la création de l'organisation, il y a trente ans ?
Mairead Corrigan Maguire -
Vraiment les mêmes. Nous avons commencé en 1976, à un moment où l'Irlande du Nord était dans une situation dangereuse, presque au début d'une guerre civile. Notre message était : “Ce profond problème humain, ethnique et politique ne peut pas être résolu par les militaires ou les paramilitaires.” Cela ne peut l'être qu'avec l'établissement d'un dialogue. Et si nous sommes heureux de voir l'étendue du chemin parcouru en Irlande du Nord, nous devons aller encore plus loin.

LPJ - Pensez-vous que l'accord de paix du Vendredi Saint a marqué une étape fondamentale dans le processus de paix ?
Mairead Corrigan Maguire - L'Accord du Vendredi Saint a été très important et nous devons essayer de continuer de le mettre en place le plus possible. Il a créé une structure pour s'attaquer aux racines du conflit en Irlande du Nord. Vous savez, la violence est le produit de l'injustice, elle n'est qu'un symptôme. Le véritable enjeu ici dans les années soixante quand le mouvement pour les droits civiques a démarré était d'exiger l'égalité, les droits de l'homme, le partage du pouvoir. Nous étions dans une situation où la communauté majoritaire, les Unionistes, avait le pouvoir absolu depuis 50 années, et la communauté minoritaire n'avait pas les droits civiques de base que ce soit pour l'emploi, le logement ou l'égalité.

LPJ - Comment voyez-vous le futur de l'Irlande du Nord ?
Mairead Corrigan Maguire - Pour l'instant nous sommes gouvernés directement par la Grande-Bretagne, nous n'avons pas notre Assemblée. Nous n'avons pas un exécutif avec un partage du pouvoir. Cela est dû à un manque de confiance entre le DUP [Democratic Unionist Party, unioniste] et le Sinn Fein [républicain]. Nous devons dire aux partis politiques d'accepter de partager le pouvoir et de faire fonctionner les institutions. Nous devons avoir une assemblée et un exécutif avec un partage du pouvoir. Je pense qu'à l'heure actuelle le blocage vient surtout du DUP qui n'arrête pas de mettre en place des obstacles. L'obstacle actuel étant que le DUP explique qu'il ne fait pas confiance au Sinn Fein et qu'il n'y a pas assez de désarmement. La réalité, c'est que la lutte armée est terminée et que l'IRA s'est désarmée. Il est temps que le DUP accepte de s'asseoir à côté du Sinn Fein et des autres partis politiques et commence à partager le pouvoir. Parce qu'on ne peut pas revenir en arrière, on ne peut pas recommencer comme avant. Il faut qu'il y ait un partage du pouvoir, l'égalité et toutes les autres choses qui figurent dans l'Accord du Vendredi Saint.

LPJ - Le croissance économique de la République d'Irlande a-t-elle un impact sur la situation dans le Nord ?
Mairead Corrigan Maguire -  Je pense que le problème principal problème réside en Irlande du Nord, avec les deux communautés, la profonde méfiance entre elles et  leur presque séparation. Nous vivons dans une ville où les communautés sont polarisées. Seulement 8 % de la population de Belfast vit dans des quartiers mixtes. Nous devons vraiment construire la confiance et l'amitié. Et mettre en place les dispositions de l'Accord du Vendredi Saint le plus possible. Bien sûr, l'économie est importante pour l'emploi, mais l'économie du sud de l'Irlande n'a pas vraiment d'impact sur la situation à Belfast, où nous vivons dans une communauté divisée avec des murs entre les gens, parce qu'il y a tant de peur et de méfiance. Notre problème immédiat est d'essayer de construire l'amitié entre ces deux communautés, d'essayer de construire un sentiment d'identité commune, d'essayer de faire fonctionner le système politique en Irlande du Nord, tout en construisant des liens étroits avec la République [d'Irlande], avec l'Europe, avec le Monde et avec la famille humaine en entier. Mais le plus important, c'est d'instaurer la confiance.
Propos recueillis par Merrill GOUSSOT (LPJ) 17 avril 2006

Voir aussi
Site des Peace People:
www.peacepeople.com
A lire
Mairead Corrigan Maguire, The Vision of of Peace, Faith and Hope in Northern Ireland, Orbis Books, New-York, 1999. 

 
RECEMMENT
IRLANDE
Accueil-Dublin
Sorties
Culture
Resto
Escapades
Eco - Emploi
Agenda
Annuaire - Bons Plans
Le pense bête
Les Archives
Petites Annonces
NOS SERVICES
La Newsletter
Les Archives
Ouvrir une Edition
Petites Annonces
Nos forums
La bourse en vidéo
L'annuaire Expat
un problème avec la newsletter?
VOYAGER PRATIQUE
Avec notre partenaire TV5.org
Horloge Universelle
Indicatifs Tel
Tailles habillement

Convertisseurs
Farenheit/Celsius
Distances
Livre/Kilo
 
 
DERNIERS ARTICLES DES LOCALES
Content © 2007 lepetitjournal.com