Jeudi dernier le parlement norvégien a voté en faveur d’une loi instituant une taxe sur les biocarburants. Ce vote est intervenu dans un contexte de forte mobilisation des organisations environnementales, des transporteurs et de l’opposition contre la mesure
La nouvelle loi assombrit un peu plus l'avenir d'Uniol, l'unique producteur norvégien de biodiesel basé à Fredrikstad. Actuellement confrontée à d'importants problèmes de trésorerie, l'entreprise a suspendu son activité et recherche de nouveaux investisseurs. Photo : Uniol
Actualités Norvège - La proposition du gouvernement de taxer les biocarburants a reçu jeudi dernier l’aval du parlement norvégien (86 voix pour – 83 contre). Ce projet soutenu par le parti travailliste a ces deux dernières semaines cristallisé les débats et fortement occupé les médias. Les transporteurs routiers, les partis d’opposition ainsi que de nombreuses organisations environnementales ont fait part de leur désaccord. Ils ont dénoncé une décision qui affaiblit la politique environnementale de la Norvège et met en péril la production locale de biocarburants. Au sein même de la coalition au pouvoir, le parti socialiste de gauche et le parti du centre ont voté à contrecœur en faveur de la loi instituant la nouvelle taxe.
Selon les termes du texte, l'exemption de taxe dont bénéficiaient jusqu’à présent les biocarburants sera réduite de 50% en 2010 et définitivement supprimée en 2011. Pour justifier la mesure, le Premier ministre Jens Stoltenberg qui s'est retrouvé sous le feu de la critique a mis en avant deux éléments.
Financer la politique gouvernementale
Tout d'abord, il a insisté sur le besoin pour l'Etat de trouver les moyens nécessaires au financement de sa politique citant au passage l'amélioration du système éducatif. Les 16 milliards de couronnes issus annuellement de la future taxe sont considérés par le parti travailliste comme une rentrée budgétaire nécessaire. La seconde est une volonté de distinguer les "bons"biocarburants (issus par exemple des déchets de la filière bois) des "mauvais"(ceux issus de cultures agricoles développées au détriment de la production alimentaire). L'Etat entend ainsi parallèlement débloquer 100 millions de couronnes en 2010 pour le développement des premiers.
Plusieurs pays européens comme l'Allemagne sont déjà revenus sur l'exemption de taxe pour les biocarburants au profit d'une obligation de vente. En Norvège cette obligation existe. Entrée en vigueur en 2009, elle est actuellement de 2,5% et devrait passer à 3,5% l'an prochain.
Thierry GUENIN (www.lepetitjournal.com Oslo) lundi 30 novembre 2009