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Me voici donc sortie de mon garage, armée de ma plus belle patience et me promettant de garder mes insultes préférées bien au fond de mon sac. Là, déjà, je sais que beaucoup d’entre vous se reconnaissent...
Épisode 3 / Casa ou le Temple de la voiture C'est le moment, je ne peux plus reculer, le ballet commence... Queues de poissons, "doublement sauvage" par la droite, arrêts imprévisibles des taxis (propriétaires de la chaussée of course !), feux grillés, sans parler des voitures stationnées en quadruple file sur une route à deux voies, clignotant en option payante, et qui ne vous laissent qu'un couloir de la largeur d'une Smart pour passer votre voiture familiale.
Mais il y a encore plus énervant, plus stressant, et plus dangereux. Ce que chaque conducteur redoute par dessus tout....le piéton ! Ah ! Le piéton... qui bondit sans prévenir, qui surgit d'on ne sait où, irrésistiblement attiré par les pare-chocs. Du plus jeune au plus âgé, le piéton aime à nous faire peur. Et le pire avec le piéton, c'est que lui seul possède ce petit quelque chose... ce petit air ahuri qui vous met en transe... cette mine outrée alors même que vous l'invitez - gentiment - d'un coup de klaxon à se pousser de sous vos roues !
En même temps, les rues de Casablanca, c'est la meilleure école de conduite qui soit. Apprendre à conduire à Casablanca, c'est comme apprendre à nager avec cette vieille méthode qui consiste à se faire jeter à l'eau (souvent par un vieux maître nageur qui traîne ses claquettes et sa perche autour du bassin en vous traitant de fillette parce que vous manquez de vous faire pipi dessus)... une seule solution : savoir et vite ! On ne cherche pas à comprendre, on boit un peu la tasse, on se fatigue très vite, mais on nage. Voilà exactement ce que j'ai ressenti lorsque j'ai pris le volant, seule, pour la 1ère fois, trois jours après mon arrivée à Casablanca. Arrivée à bon port, la bouche un peu sèche et le tee-shirt humide, il ne reste qu'à trouver une place. C'est à ce moment là que j'ai fait connaissance avec mon ami, le gardien. Et bien oui, le gardien avec sa blouse et son bâton est vite devenu mon meilleur ami. Il vole toujours à mon secours - sans se moquer, ou en tout cas pas devant moi - lorsque j'ai l'ambition de m'attaquer à un créneau serré. Quelques moulinets des bras et le tour est joué ! En plus, les gardiens sont souvent sympas, ce qui ne gâche rien.
Avec le "saboteur" (si, si ! Vous savez, l'homme en bleu qui pose les sabots) c'est pas la même histoire... Outre le fait qu'il soit sensiblement moins chaleureux que le gardien, le saboteur est fourbe ! Je l'ai compris à mes dépends : trois sabots en un mois, dont un posé entre le moment où je pars chercher le ticket et le moment où je reviens à la voiture. Qui dit mieux ? Voilà de quelle façon j'ai appris à me familiariser avec les codes pas-de-la-route... de Casa. J'ai vite compris qu'il fallait se faire sa place dans ce brouhaha. Finalement, Casa à pieds, à dos d’âne, en voiture ou en solex, pas facile de choisir... un seul conseil : toujours garder le sourire !
Dans ma prochaine chronique, je vous ferai vivre un rite initiatique plutôt humide…
J.A. (www.lepetitjournal.com-casablanca), vendredi 27 novembre 2009
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