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BLANCHE AU JOUR D'AUJOURD'HUI - Le passé n’a-t-il plus d’avenir ? |
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| Ecrit par Betty RUBY,
le 04-04-2006 22:00
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Nos contemporains se vautrent dans d’effrayantes incongruités langagières. "Ouf, pense Blanche, le CSA veille. Grâce soit rendue à ses éclairants avertissements"
Les pléonasmes sont redondants. (Photo : AFP)
Le CSA, vous voyez ce que c’est ? Une instance occupant le titre de Conseil supérieur de l'audiovisuel. Avec des gens pensant à sa tête. En l’occurrence Dominique Baudis qui, un temps a fait parler de lui dans de démoniaques et toulousaines affaires de mœurs, puis qui a été blanchi. Ça y’est, vous resituez ? Alors tant mieux, car le CSA veille à la bonne conduite des idées qui s’échangent dans notre société franco-française. Tout bienveillant, le CSA s’est donc fendu d’un rapport dont la périodicité échappe au sens commun, mais pourquoi pas ? Il a donc écouté jour après jour les ondes radiophoniques, et il a découvert un truc franchement ignoble. Anticipant les irréparables ravages qu’une telle annonce pourrait produire sur vos synapses, je voue prie d’avance de m’excuser et aussi d’être bien assis. Car le CSA dans sa grande érudition a noté deux pléonasmes impardonnables ayant plus que cours dans les médias : "au jour d’aujourd’hui" et "prévoir à l’avance". Luttons contre le tic Oui, c’est peut-être suffocant, mais nos contemporains disent en ce moment qu’"au jour d’aujourd’hui, il faut prévoir à l’avance". Je suis, de mon côté, prête à parier qu’ils ne le font pas exprès, qu’ils pensent même bien faire. Comme si présent ou futur les paniquaient à en perdre leur latin. Ailleurs, une telle méconnaissance de la langue vaudrait une lapidation définitive. Ici, elle vaut un avertissement du CSA. Si d’avance vous entendez un type dire l’une ou l’autre de ces inepties, lapidez-le. Car au jour d’aujourd’hui, prévoir le futur ne nous mènera nulle part. Et envoyez un mail de félicitations au CSA, sans qui vraisemblablement nous aurions laissé notre temporalité cartésienne se perdre dans d’inacceptables figures de style. Lectrices-lecteurs aimés, je vous avoue qu’au jour d’hier, je n’aurais pu prévoir un tel chaos linguistique. Louons le CSA. Pour ma part, si je le pouvais, je mettrais un avertissement de pendaison à tous ceux qui commencent leur phrase par "faut arrêter". Mais vous le savez, 1) je n’appartiens pas au CSA, et 2) "faut arrêter" n’est pas un pléonasme, juste un tic de langage à la con. Pas répréhensible, encore. Dommage. Blanche BAUDOUIN. (LPJ) 5 avril 2006
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