Mardi, 14 Février 2012
Le secteur énergétique avait hier les yeux tournés vers le fjord d’Oslo. L’énergéticien Statkraft inaugurait en grandes pompes à Tofte la première centrale électrique osmotique. Découverte de cette petite révolution technologique

Bård Mikkelsen, PDG de Statkraft : "Cette nouvelle technology produit de l'électricité en mélangeant simplement de l'eau. Les nouvelles solutions permettant de relever les défis liés au climat pourraient être proches qu'on ne l'imagine". La centrale osmotique de Tofte - photo © Statkraft

Hier, son altesse royale la princesse Mette-Marit était à Tofte, à une soixantaine de kilomètres d’Oslo pour l’inauguration de la première centrale osmotique au monde. Cette petite révolution technologique dans le domaine de l’énergie est le fruit d’un projet développé depuis déjà une dizaine d’années par Statkraft, l’énergéticien norvégien. Osmose, le mot n’est pas totalement inconnu à l’oreille du profane. Il évoque l’idée de parfaite harmonie entre deux êtres. C’est avant cela un terme scientifique. Pour faire simple, il désigne une réaction physique entre deux liquides présentant des concentrations différentes. Spontanément le liquide peu concentré migre vers celui qui l’est davantage. Si l’on place entre les deux solutions une membrane semi-perméable le flux provoque sur celle-ci une pression convertible en énergie électrique.

Statkraft prévoit d'alimenter 10.000 foyers d'ici 2015
Le prototype de Statkraft exploite ce phénomène entre eau douce et eau salée. Sa puissance reste très limitée et ne devrait pas dépasser à plein régime les 4 kWh. Mais dans l’immédiat, l’objectif est surtout de disposer des données et du retour d’expérience nécessaires au développement de cette technologie à grande échelle. Statkraft, premier producteur européen d’énergie renouvelable, prévoit en effet la mise en service d’ici 2015 d’une centrale de 25 MW susceptible de couvrir les besoins en électricité de 10.000 foyers.

A l’échelle mondiale, le potentiel est estimé à environ 1.600 TWh (1 TWh = 1 milliard de kWh). A titre de comparaison, la production énergétique en France du groupe EDF en 2008 était de 484 TWh. Les points d’implantation idéale pour de telles installations sont les embouchures des fleuves là où eau douce et eau salée se rencontrent. Les pays côtiers comme la Norvège pourraient donc trouver dans cette technologie une source nouvelle d’énergie renouvelable. Le potentiel du royaume est estimé à 12 TWh et pourrait couvrir les besoins de 540.000 foyers. Pour Statkraft, l’enjeu est à présent d’augmenter l’efficacité des membranes afin d’assurer la rentabilité de cette technologie par ailleurs prometteuse.

Thierry GUENIN (www.lepetitjournal.com Oslo) mercredi 25 novembre 2009