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Attendu comme le messie par les cinéphiles, la Saraband d'Ingmar Bergman est finalement arrivée sur les écrans. A 88 ans, Bergman signe son ultime chef-d’œuvre, orchestré d'une main de maître
Les protagonistes de Saraband évoluent entre l'érotisme de la danse et le vertige de la sonate.
Depuis Fanny et Alexandre en 1982, Bergman tournait exclusivement pour le petit écran. D’ailleurs Saraband devait être produit pour une chaîne de télévision suédoise. Mais Jeanne Moreau, bouleversée par le film lors du Festival Premiers plans d’Angers, avait su convaincre le réalisateur d’exploiter le film pour le grand écran. Et celui-ci avait accepté, à condition que le film soit projeté dans son format original : en numérique haute définition.
Sorti en 2003 sur la majorité des écrans européens, Saraband a déjà connu une répercussion incroyable, aussi bien auprès de la critique que du grand public.
Dansons la sarabande…
Le titre du film fait référence à la sarabande, une danse populaire espagnole du 16ème siècle, interdite par les autorités de l’époque pour ses fortes connotations érotiques. Ces sarabandes se convertiront ensuite en mouvements musicaux propres à la sonate, dont les plus célèbres seront composées par Bach. C’est à partir de là que Bergman élabore son récit en captant les variations des sentiments sur le mode de la symphonie.
Avec une simplicité ahurissante, Bergman observe les âmes de ses protagonistes à qui fait danser une drôle de sarabande, entre l’érotisme de la danse et le vertige de la sonate. Orchestrée d’une main de maître, Saraband se lit comme une parabole de la vie. Entre deuil, blessures et tendresse, ce scénario relève du grand art, particulièrement lorsque Bergman filme les vieux corps nus des protagonistes, grotesques et sublimes à la fois...
Sarah PAROT (LPJ). Vendredi 10 février 2006. Saraband, d'Ingmar Bergman. Suisse, 2003.
Avec Liv Ullmann (Marianne) et Erland Josephson (Johan). |