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Vaira Vike-Freiberga pourrait bien être désignée ce soir nouvelle présidente du Conseil européen. Agée de 72 ans, l'ancienne présidente lettonne impressionne par son multi-culturalisme et sa grande expérience des rouages européens. Son curriculum l'honore mais sa réputation suffira-t-elle à la faire élire ? Vaira Vike Freiberga est une enfant de la guerre Vaira Vike-Freiberga (AFP) est née en 1937 à Riga, capitale lettonne. Son enfance est marquée par la Seconde guerre mondiale. L'Europe est à feu et à sang et les invasions allemande puis soviétique la bouleversent profondément. "Ma propre vie a été marquée par les déficiences de l'Europe et les suites tragiques que cela a entraînées pour des millions de gens", déclare-t-elle. En 1945, ses parents fuient l'ère soviétique et quitte la Lettonie pour l'Allemagne.
Elle est docteur en psychologie La famille part ensuite en exil au Maroc où le père de Vaira trouve un travail sur un chantier. La jeune fille suit alors toutes ses études secondaires en français. Après plusieurs années vécues au Maghreb, Vaira rejoint le Canada. Jonglant entre un travail dans l'enseignement et des missions de traduction en espagnol, elle poursuit des études anglophones en psychologie. De 1965 à 1998, elle devient professeure de psychologie à l'université de Montréal et acquiert de nombreuses responsabilités administratives. Ses recherches sur le langage et les traditions orales la font connaître au sein du monde scientifique. Vaira Vike-Freiberga multiplie les publications et les récompenses : 37 Ordres de mérite et 16 doctorats honorifiques. La présidente lettonne ouvre son pays au monde En 1998, Vaira Vike-Freiberga fait son retour en Lettonie. Elle y prend en main l'institut de Lettonie, une organisation qui a pour but de promouvoir le pays balte. Le retour de l'enfant prodigue a été remarqué puisque l'année d'après, le Parlement la nomme présidente de la République lettonne. Vaira Vike-Freiberga n'était pas candidate à l'origine mais le Parlement ne pouvant élire un président au premier tour, le nom très respecté de Vike-Freiberga a fait consensus. La présidente, qui n'était pas affiliée à un parti politique, a également réussi à réunir le peuple letton, qui, tout au long de ses deux mandats, lui accordait plus de 80% d'opinions favorables. Vaira Vike-Freiberga s'est notamment focalisée sur l'ouverture de la Lettonie au reste du monde et notamment à l'Europe. La présidente réconcilie son pays avec la Russie et lui fait prendre part à l'OTAN et à l'Union européenne en 2004. L'année suivante, le magazine Forbes la consacre 48e femme la plus puissante au monde. Vaira Vike-Freiberga reste au cœur de l'Europe A la fin de son mandat en 2007, Vaira Vike-Freiberga conserve de nombreuses amitiés au sein des institutions européennes et participe en tant que conférencière à de nombreux rendez-vous internationaux. En décembre de la même année, les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne la nomment vice-présidente du groupe de réflexion sur l'avenir de l'Europe 2020-2030. Sa vision est claire : l'Europe doit être "un phare qui répand sa lumière sur le monde". Elle est prête à atteindre le sommet de l'U.E Et c'est alors que le Conseil de l'Europe cherche son président, que le Premier ministre letton propose la candidature de l'ex-présidente aujourd'hui âgée de 72 ans. Parlant 7 langues couramment, ayant une expérience européenne et internationale sans comparaison, l'outsider lettonne a toutes ses chances de remporter le siège tant convoité, même si son principal opposant, le Premier ministre belge Herman Van Rumpuy reste soutenu par la France et l'Allemagne. Le fait qu'elle soit une femme pourrait cependant être un avantage. Une tribune au Financial Times a ainsi été signée par de nombreuses responsables européennes qui estiment qu'"il est temps de transformer les paroles en acte en nommant des femmes à des fonctions dirigeantes de l’UE". Simone Veil, ancienne présidente du Parlement européen, soutient également sa candidature de par l'histoire personnelle forte d'une femme qui, selon elle, représente la "réconciliation des peuples d'Europe". Seul bémol : son soutien à la guerre en Irak. Le positionnement de son gouvernement à l'époque l'avait déjà évincée en 2006 de la course au poste de Secrétaire général des Nations Unies. La candidate, qui met en avant ses qualités humaines, assure être "prête pour la présidence de l'Europe". Le sommet européen convoqué aujourd'hui choisira de lui accorder ou non sa confiance. Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) jeudi 19 novembre 2009 En savoir plus
Article, PRESIDENCE UE - L’Europe se déchire Interview du Figaro, Vike-Freiberga : "Je suis prête pour la présidence de l'Europe" |