François Ozon, Christophe Honoré, Alain Guiraudie, Philippe Lioret, Jeanne Balibar, Louis-Ronan Choisy... Parmi la programmation du 27e Torino Film Festival, le cinéma français n'est pas en reste
Parlate francese ? L'édition 2009 du Torino Film Festival permet au public francophone de vivre de beaux moments cinématographiques dans sa langue maternelle. Gianni Amelio, digne successeur de Nanni Moretti à la présidence de l'événement, a concocté une sélection attractive.
Ne change rien de Pedro Costa (photo TFF)
Pourtant, tout débutait plutôt mal, samedi après-midi : Ne change rien, un documentaire sur la chanteuse et actrice Jeanne Balibar, n'a pas su conquérir les spectateurs. Le film est réalisé par le cinéaste portugais Pedro Costa, adepte des plans fixes et de la monotonie. Il s'intéresse à la pratique du chant, proposant de longs plans de Jeanne en studio d'enregistrement, en répétition et sur scène. De superbes et longs plans noir et blanc, sombres et contrastés, valorisent la chanteuse;des micro-expressions apparaissent sur son visage, passant de l'épuisement à l'énervement, à la satisfaction. Mais la langueur n'a pas manqué de faire fuir une bonne partie de la salle - où l'on percevait parfois quelques ronflements.
Une grande diversité
François Ozon a en revanche fait mouche le soir même, avec l'avant-première de son prochain film, Le Refuge. Une femme enceinte, après la mort par overdose de son compagnon, part s'isoler dans une maison en bord de mer. Le frère du défunt vient alors lui rendre visite et chambouler sa routine. Le cinéaste n'était pas présent à la projection mais l'acteur principal, Louis-Ronan Choisy, est intervenu en début de séance, devant une salle bien remplie. Un peu intimidé, il a parlé du bonheur de tourner avec Ozon, d'avoir pour partenaire Isabelle Carré... Mais il ne sait pas s'il continuera sur cette voie : étant musicien d'origine, il s'agissait de sa première expérience d'acteur - ce qui apporte au film un vent de fraîcheur.
Le Roi de l'évasion d'Alain Guiraudie (photo TFF)
Christophe Honoré et Philippe Lioret représentent également le cinéma français avec la projection de leurs dernières œuvres, Non ma fille, tu n'iras pas danser (bien accueilli par le public lundi soir) et Welcome. Alain Guiraudie est, lui, en compétition avec l'original Roi de l'évasion (découvert par le public international lors de la dernière Quinzaine des réalisateurs cannoise) : une histoire d'amour entre un homosexuel quarantenaire et une jeune adolescente, un humour particulier qui peut plaire ou être taxé de vulgarité. À suivre.
Henry Bernadet et Myriam Verreault ont aussi permis au cinéma québécois de faire sa place au festival avec un film sur l'adolescence, A l'ouest de Pluton, tandis que la Belge Dounia Bovet-Wolteche a présenté un documentaire prometteur, Les Racines du brouillard... Vaste représentation de la langue de Molière.
Pour ceux qui auraient raté ces premières projections du T.F.F., il reste encore quelques belles occasions pour se rattraper. Au-delà de la francophonie, l'événement immanquable de la 27e édition est américain : ce soir, à 22h00 au cinéma Ambrosio, Francis Ford Coppola recevra un prix spécial pour sa société de production American Zoetrope. Son prochain film, Tetro, sera ensuite projeté en avant-première.
Clémentine Delignières (www.lepetitjournal.com - Turin) mercredi 18 novembre 2009
Programme du festival disponible sur www.torinofilmfest.org