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En marge de Palenque et de San Cristobal, le Chiapas découvre sa face sauvage et mystérieuse dans des endroits bien plus préservés. Pour retrouver l’esprit maya sans les hordes de touristes, rendez-vous à Bonampak et Yaxchilán
A Bonampak, les bâtiments sont les écrins de peintures exceptionnelles. (Photo : Mundo Maya)
Pour la Semana Santa, nombreux sont ceux qui vont prendre la route du Chiapas. Alors que Palenque et San Cristobal de las Casas sont aux yeux de tous des passages obligés, la selva chiapaneca recèle de véritables trésors, bien moins saturés de touristes et donc plus agréables.
Bonampak. Au cœur du pays maya, le site de Bonampak, situé dans une réserve naturelle protégée de la vallée du Río Lacanha, s’étend sur 4km2. Construit au cours de la période classique tardive (entre 600 et 900), ce site archéologique fut redécouvert en 1946 par le photographe Giles Healy. Bonampak se trouve dans un écrin de jungle et comprend les vestiges de neuf édifices de taille moyenne, disposés autour d’une grande place, ainsi que des autels.
Bonampak veut dire "mur peint" en maya et, comme son nom l’indique très bien, le site est réputé pour ses fresques ; datées de 790, elles sont spectaculaires et remarquablement bien conservées. Ce sont ces fresques qui rendent cet endroit unique. Incroyablement colorées, elles représentent le plus souvent des guerriers mayas, richement parés et dominant des prisonniers.
Les plus beaux vestiges de la peinture maya
Le temple des peintures comporte trois salles, disposées en longueur au sommet d’une pyramide. A l’intérieur, on contemple les plus beaux vestiges de la peinture maya, qui recouvrent les murs intérieurs et les voûtes. Les textes hiéroglyphiques, qui accompagnent les dessins, situent les scènes dans le temps et nomment les principaux personnages représentés.
Attention, fragilité de ces trésors oblige, il est interdit de photographier les fresques, on doit donc se contenter des cartes postales...
Enchantement total à Yaxchilán. (Photo : A Lovely World)
Yaxchilán. A environ 30km au nord de Bonampak, dans une boucle de la rivière Usumacinta et au milieu de la forêt lacandone, se trouve Yaxchilán. Ce site, dont le nom signifie "pierres vertes", a été retrouvé par l’Anglais Alfred Maudslay en 1882. En raison de son emplacement, Yaxchilán se mérite ! Il n’y a pas de route et la seule manière d’y parvenir est par bateau (depuis Frontera Corozal – trajet de 40 minutes) ou dans un petit avion (de Tuxtla Gutierrez, Palenque ou Ocosingo).
Il est très impressionnant de voir comment, au cœur de cette jungle où les singes saraguatos nous font sentir leur présence, où les toucans volent en couple et où de nombreuses espèces d’oiseaux se promènent, les Mayas ont réussit à bâtir un endroit aussi magique. La dynastie Yaxchilán trouve son origine au IVè siècle, mais c’est au VIIIè qu’elle a connu son apogée, notamment grâce à deux rois : Itzamnaaj B´alam II et son fils Pájaro Jaguar II. Véritable ville-Etat, Yaxchilán était devenue une capitale régionale d’une telle puissance qu’elle dominait même de plus petites villes, telle que Bonampak.
L’univers de la jungle
Yaxchilán est renommé pour les stèles et linteaux sculptés qui ornent ses 120 structures. L’entrée principale de cet extraordinaire site se fait à travers l’édifice 19, baptisé "le labyrinthe" pour la distribution complexe de ses chambres. En en sortant, on se retrouve au centre d’une place entourée de bâtiments blancs qui contrastent avec la luxuriante jungle verte. Tout simplement enchanteur…
Les sculptures, présentes sur et/ou dans la plupart des constructions, retracent l’histoire dynastique de la cité. On apprend que les rois utilisaient le jaguar comme symbole de leur droit divin. Le Dieu Jaguar habitait le monde d’en bas, celui des morts. Il devenait tous les matins le Dieu du Soleil et voyageait à travers le ciel vers l’ouest, où il retombait dans le monde d’en bas. Ainsi, selon le perpétuel cycle des jours et des nuits, les souverains accomplissaient des rites pour apaiser les dieux et assurer le sort de l’humanité.
Gabriela UZETA. (LPJ) 31 mars 2006 En complément, un peu d’histoire
Le peuple maya a connu son apogée pendant la période classique, entre les années 200 et 909 de notre ère. Selon de nombreuses études, cette civilisation a été marquée par sa connaissance des mathématiques et de la cosmographie. Les Mayas employaient un calendrier de "cuenta larga" pour enregistrer avec précision les événements terrestres et célestes, pouvant ainsi prévoir les éclipses du soleil et les mouvements de la lune. Ils utilisaient des inscriptions hiéroglyphiques. C’est cette écriture sophistiquée, qu’on retrouve gravée sur des stèles dont la datation a pu être réalisée, qui nous permet aujourd’hui d’avoir accès à une partie de leur connaissance.
Cette civilisation a ainsi développé des traditions très complexes et raffinées, dans les domaines de l’art et de l’architecture ; ses pyramides (temples), palais et observatoires ont tous été construits sans outils de métal. Les Mayas étaient d’habiles fermiers qui défrichaient de vastes étendues de forêt tropicales et construisaient, quand l’eau était rare en surface, des réservoirs souterrains d’eau de pluie. Ils fabriquaient des tissus et poteries, et savaient tracer des routes dans la jungle et les marais pour nouer des réseaux d’échanges commerciaux.
Très soumis à leurs dieux, pour lesquels ils pratiquaient des rituels (souvent sous forme d’offrandes), les Mayas étaient gouvernés selon un système très hiérarchisé, où l´autorité était exercée par des rois et des nobles. La société était constituée de nombreux Etats indépendants, où les grandes villes (comme Copan, Yaxchilán, Tikal, Palenque ou Bonampak) étaient édifiées autour des centres de cérémonies. (LPJ – 31 mars 2006) |