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La semaine dernière, au siège de la Fondation BBVA-Banco Francés, l’ancien ministre de l’Economie Roberto Lavagna s’est adressé aux correspondants de la presse étrangère en Argentine. C'était son premier exposé public dans le pays depuis son retrait du gouvernement en novembre 2005
Sourire aux lèvres, Roberto Lavagna rabroue la presse étrangère. (Photo : LPJ)
Pour la première fois depuis son retrait du gouvernement en novembre dernier, Roberto Lavagna s'est adressé mercredi 29 mars à la presse étrangère, au musée Libero Badii, siège de la Fondation BBVA-Banco Francés. En sévère costume bleu nuit, élégamment mais discrètement cravaté, l'ex-ministre de l'Economie a exposé les points constitutifs de sa gestion. Il a tout d’abord reproché aux correspondants étrangers de n’avoir pas situé "la plus grande crise économique qu’a subit l’Argentine en 150 ans" dans un contexte évolutif, "transformant ainsi en exceptionnel ce qui en termes historiques n’était qu’un cas de plus". "Il s’est agit d’une crise isolée et elle a été la première crise financière d’une certaine ampleur du XXIè siècle", a-t-il expliqué.
Fin 2001, le processus qui avait débouché en Argentine sur l’effondrement de la convertibilité (un peso arg. = un dollar US) avait eu un impact négatif sur les économies de pays voisins et représenté un repli du pays sur lui-même en termes de présence mondiale et régionale. L’ancien ministre a souligné que le repère le plus significatif de la reprise Argentine est que, "ainsi que la Malaisie, l’Argentine a repoussé les programmes et les exigences provenant d’organismes financiers internationaux, y compris le G7".
Roberto Lavagna a déclaré qu’il ne faut pas oublier pour expliquer cette réussite certaines articulations selon lui fondamentales : l’importance de détenir l'ownership du programme de reprise, de s’appuyer sur les ressources disponibles sur place, de l’indépendance obtenue envers le FMI, de l’importance d’établir des marchés soutenables et non acceptables, du contrôle d’un excédent fiscal, un taux de change compétitif, l’inclusion de politiques visant à une meilleure distribution de la richesse, et surtout la recherche d’une meilleure productivité avec pour conséquence la baisse du chômage.
L’économie Argentine face au danger de l’inflation
Face au risque que ne se développe en Argentine une inflation hors de contrôle, Roberto Lavagna a encore une fois expliqué aux journalistes qu’il "ne fallait pas juger le taux d’inflation du pays à partir de repères internationaux". Et, s’appuyant sur le principe qu’une méga dévaluation entraîne inévitablement un transfert des prix et donc une certaine inflation, l’ancien ministre a souligné que celle de l’Argentine (11% en 2005) "est inférieure à touts les taux d’inflation enregistrés à ce jour pour des marchés émergents".
Il a pourtant averti que l’amélioration de l’économie pouvait donner lieu à une "surenchère distributive". Et qu’il fallait faire surtout attention aux "3 c : carne, camioneros y construcción" (viande, routiers et construction). En d'autres termes, le gouvernement devait surveiller de près l’évolution des prix internes des denrées de base, de la hausse des salaires exigée actuellement par les syndicats, et de l’indice de la construction, trop élevé par rapport au revenu moyen de la population.
Suzanne THIAIS. (LPJ - Buenos Aires) 5 avril 2006 |