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Le Cambodge a annoncé hier la nomination de Thakin Shinawatra comme conseiller de Hun Sen et conseiller économique du gouvernement. La Thaïlande s’est montrée dans un premier temps peu sensible à l’initiative, tout en rappelant qu’elle demanderait l’extradition du fugitif dès son arrivée au Cambodge. Phnom Penh a déjà fait savoir son désaccord. Ambiance Thaksin Shinawatra (photo d'archives Pierre QUEFFELEC)
Le gouvernement cambodgien a nommé hier l'ex-Premier ministre thaïlandais en exil, Thaksin Shinawatra, "conseiller personnel du Premier ministre cambodgien Hun Sen et conseiller du gouvernement, chargé de l'économie", selon un décret royal énoncé à la télévision publique. Cette décision risque d'enflammer des relations bilatérales avec la Thaïlande déjà très tendues, deux semaines après que Hun Sen avait annoncé vouloir offrir l’asile politique à Thaksin. Il avait également souligné qu’il entretenait des relations chaleureuses avec l’ancien chef du gouvernement thaïlandais renversé par le coup d’Etat en 2006, allant jusqu’à comparer ce dernier à la lauréate du Prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, "pour son combat pour la démocratie". Le communiqué officiel cambodgien, hier, mentionnait d’ailleurs que le Cambodge considère la condamnation de Thaksin en octobre 2008 comme "politiquement motivée" En fuite depuis l’an dernier pour échapper à une condamnation à deux ans de prison pour conflit d’intérêts, Thaksin agite la scène politique depuis l’étranger. Ses partisans, les "chemises rouges", manifestent régulièrement à Bangkok pour faire chuter le gouvernement thaïlandais d'Abhisit Vejjajiva. La Thaïlande prête à demander l’extradition, le Cambodge prêt à refuser L'hypothèse de sa nomination auprès de Hun Sen avait été évoquée il y a deux semaines lors du 15e sommet de l'Association des Nations d'Asie du sud-est (Asean), mais elle avait été perçue comme une provocation sans lendemain. Une centaine de manifestants s'étaient rendus quelques jours plus tard devant l'ambassade du Cambodge à Bangkok pour protester contre une telle embauche. "C'est une affaire cambodgienne", a réagi le vice-Premier ministre thaïlandais, Suthep Thaugsuban, en charge de la sécurité nationale. "Nous n’avons pas à analyser quoique ce soit, cette nomination relève d'une relation privée entre le Cambodge et Thaksin", a-t-il précisé. "Ce n’est pas une surprise. Le Cambodge a déjà par le passé recruté des étrangers comme conseillers et cela n’a jamais posé de problème, nous n’avons pas à nous inquiéter outre mesure". "Par contre, a-t-il ajouté, si Thaksin va au Cambodge, nous devrons réclamer son extradition". La Thaïlande rappelé a plusieurs reprises qu'une convention d'extradition liait les deux pays et qu'elle entendait la faire valoir pour obtenir l'arrestation de Thaksin. Hier, les autorités cambodgiennes ont devancé une telle démarche en indiquant qu'elles n'extraderaient pas Thaksin. Les deux pays connaissent depuis juin 2008 une période de crise autour de la souveraineté sur le temple de Preah Vihear et de terrains environnant, qui relèvent de la souveraineté du Cambodge mais sont revendiqués par la Thaïlande. (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html avec AFP) jeudi 5 novembre 2009 Lire aussi notre article du vendredi 23 octobre 2009 Le Premier ministre cambodgien veut construire un nid pour Thaksin Lire aussi notre article du lundi 26 octobre 2009 Hun Sen rallume le sujet Thaksin au milieu du sommet Asean Lire aussi notre article du mercredi 28 octobre 2009 Manifestation d'hostilité devant l'ambassade du Cambodge à Bangkok |