Mercredi, 30 Mai 2012

Cédric Gertgen a tout juste la trentaine mais a déjà pas mal bourlingué. Après un premier séjour de quelques mois à Phnom Penh, il a finalement fait le choix de s’y poser pour se lancer dans les affaires... En aparté

(photo: C'Net)

A quelle occasion êtes vous venu au Cambodge pour la première fois ?
Je suis venu au Cambodge en juillet 2006 une première fois. Comme disait l autre, “mon ami de dix ans” est franco-khmer. Il s’est installé ici définitivement en 2003. Je suis quant à moi venu pour l’aider à développer l’activité design de son entreprise. Je travaillais alors en free-lance entre la France et l'Australie. Je ne connaissais pas l’Asie. La surprise fut de taille...

Quelles sont vos principales occupations ?
Je m’investis énormément dans le studio que j ai monté, Around Design, avec 2 partenaires en janvier 2007. Je consacre mon temps et énergie à former mon équipe et à assurer la qualité des services que nous proposons. Quand je ne travaille pas, j’aime aller pousser la chanson dans un karaoké dans lequel j’ai ramené une collection de chansons françaises. Une tradition familiale qui prend toute sa dimension dans cette partie du monde où chanter est une seconde nature.

Que pensez-vous des manifestations culturelles au Cambodge ?
On sent une envie des acteurs de la vie culturelle de porter les évènements au plus haut. L'accès à la Culture n'est pas facile dans ce pays où l’information passe au compte goute et où l’internet n’est pas développé. Beaucoup de choses se font à gauche, à droite, sans vraiment se croiser dans un même lieu pour un même évènement. En même temps la culture est à chaque coin de rue, derrière chaque enseigne, derrière chaque coupe de cheveux, derrière chaque étal proposant à qui le veut une panoplie de produits. C est ce que j’appelle la culture de tous les jours, la culture qui aide à comprendre ce pays et qui donne des clés pour comprendre les Cambodgiens.

Où vous échappez-vous le temps d’un week-end ?
 Il est bon de pouvoir quitter Phnom Penh où je passe l énorme majorité de mon temps. J’essaye le plus souvent possible de partir voir se qu’il se passe ailleurs. J’ai une base assez solide à Bali où j'ai passé 1 an. Une grande source d’inspiration et de créativité. Je suis bien entendu allé au bout de chacune des routes principales du Cambodge. Mon souvenir le plus marquant restant sans doute le chemin qui longe le Mékong entre Chhlong et Kompong Cham. Un chemin de terre bordé de villages dont les habitants ne cachent pas leur étonnement de vous voir. “Il a du se tromper à l'embranchement de Chhlong ce barang ...”

Votre meilleure découverte gastronomique ?
Ma meilleur découverte gastro est sans doute la grande variété de fruits en tout genre que l'on trouve dans cette partie du monde. N'étant pas fan de tout ce qui rampe, saute, court... Je me suis vite rabattu sur les fruits. Il manque encore de diversité culinaire derrière ces enseignes qui trop souvent balayent le spectre de la cuisine “western” et “asiatique”.

Quelle habitude typiquement khmer avez vous adoptée ?
Cet espèce de son guttural qui sert à la fois à montrer son accord et son désaccord. Ce huummm qui sort de la gorge, rebondit sur le palais pour faire cet étrange son. Entre onomatopée et étranglement, la gamme des sons ici mériterait un décodeur à elle seule.

Que faites vous lorsque vous avez le mal du pays ?
Je regarde 7/7 le dimanche soir au coin du feu en contemplant les flocons tomber par la fenêtre en me frottant les mains pour les réchauffer un soir de juillet à Lille. Puis j’ouvre les yeux et scrute ce palmier dont les feuilles ondulent sous ce léger vent qui vient me consoler...

Votre endroit de prédilection pour boire un coup entre amis?
Ça ne va pas tarder à être chez moi. Sinon chez Snow de l autre coté du pont japonais pour un moment tranquille et le coucher de soleil.
Le métro pour sa Caipirhinia. The club pour la musique.

Comment voyez-vous le pays dans 10 ans ?
C est un mystère et je pense que c est pour cela que je m y suis installé. Sa démographie et son passé en font un pays unique où j’aime vivre. Je ne me risquerai pas à l exercice sur ce que je pense faire ou être dans 10 ans. Laissons venir en continuant à faire ce que l’on aime.

Votre expérience la plus insolite ?
Bloqué en voiture un jour, j’ai dû embarquer sur un bateau à peine plus grand que celle-ci. Le pont était de travers et nous nous sommes lancés dans la traversée du Mékong pour rejoindre l’autre rive.

Ce qui vous étonnera toujours….
Les conducteurs de moto-duop qui font des pyramides avec à peu près tout ce qui est solide. Des télés en passant par les légumes et autres cartons de nouilles déshydratées.
Les funambules de la route qui conduisent avec les mains au niveau du torse et les fesses posées sur 2 cm2 de selle.
Le maquillage des filles ici. Deux potes sur une moto qui se tiennent par la taille, les femmes en pyjama. Et tout ce que j’oublie.

Ce qui ne vous surprend même plus….
La connerie, ça m’indigne...

Ce qui vous a convaincu d’habiter ici …
Ce qui continue de m'étonner.

Ce que vous ne pouvez pas avaler…
Les endives au jambon et pour un Ch’ti c est pas évident vous pouvez me croire.

Un conseil pour les nouveaux arrivants…
Venez me voir si vous avez besoin d’une communication créative.

Si vous deviez partir demain…
C est sans doute que j’en aurais envie donc je ferai mes valises et voguerai vers d’autres horizons.

Propos recueillis par A.O (www.lepetitjournal.com/cambodge.html) mercredi 4 novembre 2009

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