Mercredi, 30 Mai 2012

Après avoir essuyé plusieurs revers électoraux, le Parti démocrate (centre-gauche) a décidé de confier le choix de son secrétaire général au peuple des sympathisants : les primaires qui ont eu lieu le 25 octobre dernier ont désigné Pierluigi Bersani. Sera-t-il l’homme qui fera sortir l’opposition de l’impasse ?

Les responsables du Parti démocrate sont satisfaits : lors des primaires du 25 octobre, le choix des sympathisants a confirmé celui des militants qui s’étaient prononcés le 6 octobre dernier. Avec presque 53 % des préférences exprimées, c’est donc Pierluigi Bersani, la "force tranquille"du Parti démocrate italien, qui est le grand vainqueur de ces primaires.

Le parcours
D’origine modeste, Pierluigi Bersani est né en 1951 en Emilie-Romagne. Après des études de philosophie, il se lance très jeune en politique en militant dans les rangs du PCI, le Parti communiste italien. Il rejoint ensuite le parti des démocrates de gauche (DS), puis L’Olivier (une union des partis de centre-gauche qui porta Romano Prodi au pouvoir en 1996 puis en 2006). Favorable aux réformes et aux privatisations, cet ancien président de la Région Emilie-Romagne devient ministre dans le gouvernement Prodi : de 1996 à 2001 on le retrouve à l’Industrie puis aux Transports, et de 2006 à 2008 il est ministre du Développement économique du deuxième gouvernement Prodi. Généralement apprécié par les différents acteurs du monde économique, cet homme "d’appareil", qui à 58 ans revendique son passé d’homme de gauche, est resté dans l’imaginaire collectif comme "l’homme des libéralisations".

Les orientations
A peine élu, Pierluigi Bersani a voulu lancer un signal de rassemblement. Ses premières déclarations ont souligné sa volonté de collaborer avec ses deux ex-rivaux des primaires (Dario Franceschini, catholique centriste et Ignazio Marini, candidat "laïc"). La nouvelle équipe devra insuffler un nouvel élan au PD pour lui permettre de retrouver une place plus importante sur un échiquier politique monopolisé par Silvio Berlusconi et son parti, le PDL. Pour cela, il entend offrir "une alternative"réelle : en retournant aux sources pour retrouver les origines populaires du parti et surtout en recadrant le débat politique pour combler le fossé qui s’est creusé entre la vie politique et les problèmes de la vie réelle.

Les défis
Il ne sera pas aisé d’unir les deux âmes d’un parti né de la fusion entre ex-communistes et anciens démocrates-chrétiens de gauche. Depuis sa naissance en 2007, le parti tâtonne à la recherche d’une ligne politique commune, en particulier sur les thèmes de société les plus brûlants. Francesco Rutelli, qui provient de l’aile modérée du PD, vient d’ailleurs d’évoquer une union possible avec les centristes de l’UDC. S’il arrive à résoudre le problème épineux des alliances électorales, le nouveau secrétaire devra également tenir compte d’un retour en force de la "question morale": son élection coïncide avec la démission de Piero Marrazzo, président PD de la Région Latium, suite aux retombées d’une affaire plus que scabreuse. Pierluigi Bersani n’aura guère de temps pour faire ses preuves et galvaniser ses troupes : dans quelques mois, en mars 2010, les élections régionales permettront de voir si, grâce à un nouveau leader, le centre-gauche démoralisé est capable de renaître de ses cendres.
Christine Correale (www.lepetitjournal.com – Turin) jeudi 29 octobre 2009