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De Cedarwood Road aux docks en passant par Kilmainham, le destin du groupe irlandais mondialement connu est lié à la capitale. C’est là que U2 a fait ses premières armes et a conquis en vingt ans les magasins de disques de la planète. Trois promenades dans le Dublin des quatre inséparables complices.

Sur les murs des studios Windmill Lane, les tags ont remplacé les déclarations enflammées des fans de U2 (photo:LPJ)
Adulé par les grands comme les petits de ce monde, Paul Hewson, alias Bono, a passé son enfance de chef à Ballygall (Dublin 11). Dans un quartier où les rues n’ont que leurs noms comme différences. Dans Cedarwood Road, toutes les maisons ont un palmier devant leur façade. La maison d’enfance de Bono, le leader de U2, est de celles-là. Deux étages, un jardinet coquet enjolivant à peine les tristes briques noircies. Ici, « on est ni riche ni pauvre », dit Thomas, un voisin qui a grandi avec Bono. Agé de 43 ans (deux ans de moins que le chanteur), il peine à cacher son aigreur. « Dans ses interviews, Bono répète sans cesse qu’il vient de Ballymun Estate, de l’autre coté de la route », explique-t-il. « Mais ici, on sait qu’il vient d’un quartier bien moins défavorisé ! ». Pourtant, dans Running to stand still, le chanteur à lunettes déclare voir « sept tours », desquelles il ne devine qu’une seule issue pour s’échapper. Et puis finalement qu’importe ? Les cités bétonnées de Ballymun ont inspiré Bono. On l’imagine bien adolescent errer avec David (The Edge), Adam et Larry dans ces terrains vagues du nord de Dublin. De cette errance citadine surgira la fougue musicale du quatuor.
Balade de Kilmainham à Summerhill Aujourd’hui, elle n’est plus qu’un musée. Mais la grise prison de Kilmainham Gaol (Dublin 8), au sud de Phoenix Park, résonne encore du cri des insurgés de l’indépendance irlandaise. Dans ces lieux, où le film Au nom du père a été en partie tourné, le groupe a réalisé l’un de ses premiers clips : A Celebration. Une célébration du monde en guerre, mais qui porte l’espoir d’une paix toute en musique. Dans cette chanson, Bono proclame ainsi qu’il croit en la force des cloches de Christchurch (Dublin 2), sonnant à travers le pays… Puis il traverse la Liffey. Dans The Joshua Tree, le groupe invite à la balade à travers la rive gauche de Dublin. « Marche vers l’eau » dit Bono, après avoir croisé les lumières de Summerhill (Dublin 1), près de Mountjoy Square et d’O’Connell Street. Le chanteur guide son public vers le nord-ouest de la ville. Il tourne à gauche dans le North Strand, et se retrouve face à la mer, à deux pas de l’école de son enfance. Là où U2 s’est formé.
On peut être fan et exigeant à la fois: Good work but we want more (photo: LPJ)
Les docks de U2 ne sont plus Sur les docks, entre deux buildings en construction, un mur de briques se dresse comme un dernier vestige. A deux pas de Sir John Rogerson’s Quay, au sud de la Liffey, les vieux studios Windmill Lane ont disparu. C’est ici qu’avaient été enregistrés les trois premiers albums du groupe. Sur le U2 Wall, graffitis en tous genres ont chassés ex voto et déclarations des fans depuis bien longtemps. Tout autour du lieu, quelques jeunes s’affairent à taguer la palissade des chantiers. Dans ce quartier situé à l’est de Dublin, les entrepôts ont laissé la place à de grands fossés. De vastes immeubles combleront bientôt le vide. Le Dublin de U2 disparaît donc. En tout cas, celui des débuts. Car l’avenir du groupe est à quelques mètres de là … Une tour en spirale de 60 mètres de haut devrait abriter en 2007 le nouveau studio du groupe. En attendant, les docks recèlent un second mur, en face du numéro 9, sur Hanover Quay (Dublin 2). Un mur où le public de U2 fait part de ses coups de cœur, mais aussi de ses attentes : «Bon travail, mais on en veut plus», peut-on y lire. U2 sait ce qui lui reste à faire. Emmanuel Tixier (LPJ) - vendredi 31 mars 2006
Liens utiles: Site officiel de U2 : www.u2.com Site francophone non-officiel consacré au groupe : www.u2achtung.com |