|
Gego, entre la transparence et l’invisible au Malba, est la première exposition anthologique en Argentine de cette artiste vénézuélienne, vraie artisane de la ligne
Desseins sans papier (Photo : Courtoisie presse Malba) L'artiste vénézuélienne Gego a droit à sa première exposition anthologique en Argentine, jusqu'au 15 mai au Malba.
Née Gertrude Goldschmidt en 1912 à Hambourg, fille de banquiers juifs, ingénieur et designer diplômée de l’Ecole technique de Stuttgart, Gego avait émigré avec sa famille au Vénézuéla en 1939. Ce n’est qu’après sa rencontre avec le peintre lituanien Gerd Leufert, qu’elle commença, à 40 ans, sa recherche artistique. Un chemin parcouru en solitaire, complètement "sui generis".
Toute son œuvre n’est en fait qu’une recherche acharnée, celle de la transparence. Et ce à partir uniquement de la ligne, travaillée sans relâche de façon artisanale, avec une ténacité qui tient de l’obsession. Le côté introverti de sa personnalité a fait qu’elle poursuive ce presque non-sens à partir de matériaux aussi humbles que le papier et le fil de fer. Refusant toute représentation du monde, ses constructions spatiales et sur papier tournent carrément le dos à la sculpture traditionnelle et au concept de masse pour créer des figures en triangles et carrés qui forment une structure volumétrique.
En s’appuyant sur la lumière et l’espace, Gego est arrivée à les transposer pour permettre une vision de toutes les facettes de la structure. Ainsi sa "Sphère" suspendue (90x80x80cm), une œuvre faite niquement de fil de fer et d’autres fibres légères, ondoie sous la lumière. De même "Dessins sans papier" (70x73x60cm) sont des constructions d’une légèreté et d’une finesse remarquables qui se lisent comme des dessins bidimensionnels, se projetant sur le mur blanc dans un jeu harmonieux de lumières et d’ombres.
Chez Gego, les lignes ouvrent la transparence (Photo : Courtoisie presse Malba)
Une œuvre absolument abstraite
Gego a relevé le défi de la construction de transparence à partir du papier, un support plat, opaque. De subtiles perforations dans le papier apportent la légèreté et les variations de l’espace entre les lignes donnent la transparence car, comme elle le dit : "J’ai découvert que quelques fois l’interligne est aussi important que la ligne elle-même".
Gégo a développé un méthode relationnelle de lignes plus ou moins baroques, complexes ou nerveuses. A travers elles s’établissent des clairs-obscurs. Une œuvre absolument abstraite pour que l’œil s’attarde et se perde dans chaque détail de l’œuvre.
Suzanne THIAIS. (LPJ – Buenos Aires) 31 mars 2006 Gego, entre la transparencia y lo invisible
Jusqu’au 15 mai 2006
Au Malba , Avda Figueroa Alcorta 3415 – www.malba.org.ar
*Extension culturelle :
Cours d’art constructif et cinétique en Amérique Latine .Samedi 1er et 8 avril de 11h à 12h. Inscription au Malba
*Rencontres :
-L’œuvre de Gego dans l’argumentation de l’art latino-américain. – Jeudi 8 avril à 18h
-Gego, l’espace conquis. – Jeudi 11 mai à 18h |