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TROIS QUESTIONS A... Suggérer par mail
mercredi 29 mars 2006
Victor Roncea, chef du service monde au quotidien Ziua (photo Ziua)

LPJ - Quel est votre opinion concernant le dernier rapport de l’Agence de surveillance de la presse (Agentia de monitorizare a presei)?

Victor Roncea – Malheureusement, j’estime que ce rapport est trop faible, trop évasif, et qu’il ne donne pas une image réelle de la situation des journalistes roumains, ni de la liberté de la presse dans le pays. Beaucoup de sujets ont été omis ou mal interprétés, tels que l’influence des autorités sur les médias ou le rôle des services secrets dans l’enlèvement des journalistes roumains en Irak. Je pense que ce rapport a besoin d’une version améliorée vu qu’il sera certainement pris en considération par certaines organisations internationales – ses auteurs doivent le prendre comme une critique amicale...

LPJ - Avez-vous déjà été soumis à des pressions économiques ou politiques?

Victor Roncea – Pas personnellement, mais mon patron oui. Le ministre des Affaires étrangères Mihai Razvan Ungureanu l’a déjà appelé pour que le journal ne publie pas l’un de mes articles, une critique de la visite d’Ungureanu à Moscou en octobre de l’année dernière. Ironie du sort, le Club de la presse roumaine m’a remis le prix du meilleur éditorialiste grâce à cet article! Et puis il y a aussi eu Marko Bela, le vice-Premier ministre d’origine Magyare, qui a déclaré que les journalistes de Ziua avaient “une attitude qui devrait être sanctionnée”, alors que nous avions simplement repris les propos anti-roumains d’un des membres du parti de la minorité hongroise.

LPJ – Pensez-vous que l’environnement politique actuel est meilleur pour exercer le métier de journaliste qu’il y a quelques années?

Victor Roncea – Dans l’ensemble, oui. Je ne veux même pas imaginer dans quelle situation serait aujourd’hui les médias si Adrian Nastase était président de la Roumanie. D’un autre côté, les journalistes sont actuellement confrontés à d’autres défis. Le président Traian Basescu a publiquement déclaré que nous, journalistes, nous n’étions “pas assez importants” pour être suivis de près par les services secrets “qui travaillent pour l’Union européenne et l’OTAN”. Mais le président s’appuie trop sur ses services secrets (dirigés par les mêmes individus qu’au temps d’Iliescu), ignorant l’opinion de ceux qui ont véritablement contribué à son élection et travaillent de façon sincère pour le bien du pays : nous, les journalistes indépendants.

                    Propos recueillis par Laurent Couderc (LPJ, jeudi 30 mars 2006)

 
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