Mardi, 14 Février 2012

Pour cette rentrée littéraire 2009, l’écrivaine française Hélène Le Châtelier publie son premier roman Dernière adresse. Un court récit contant l’histoire de la fin de vie d’une vieille femme irlandaise, à la fois touchante, comique et triste. Ce roman rencontre déjà un franc succès dans les salons parisiens

(Hélène Le Châtelier lit des extraits de son premier roman Dernière adresse à la Médiathèque de l'Alliance Française de Dublin - Photo Le Petit Journal )

« Dans tous les cas, vieillir c’est perdre. Perdre et se résigner à perdre. Se dépouiller de toutes ces choses parfois si chèrement acquises. C’est ça. On passe la fin de sa vie à se défaire de ce qu’on a mis tant de temps à acquérir. Faut-il vraiment arriver au bout dans cet état de dénuement, de dépouillement de soi, sans artifice ? Je ne m’y résous pas. J’en veux encore. Encore un peu. Encore beaucoup. Plus. Toujours. J’ai aimé cette vie, malgré tout. Je l’ai aimée à m’en rendre malade. J’en suis gourmande. J’en veux encore. J’ai faim encore. »

Dans son premier roman Dernière adresse, Hélène Le Châtelier conte l’histoire d’une vieille dame irlandaise qui doit quitter sa maison pour toujours. Elle s'éloigne alors vers sa dernière adresse, la maison de retraite. Commence alors un long voyage dans ses songes, un douloureux face-à-face avec la solitude et les souvenirs, avec la dépendance physique, toujours mué par cet élan de vie qu'elle ne se résigne pas à abandonner. « Il est une chose dont je n’ai jamais su me défaire : ma liberté. » Se regardant vieillir avec lucidité et ironie, elle revoit les zones troubles de son enfance.

Premier roman prometteur
Déjà sélectionnée pour le festival du premier roman à Chambéry, l’entrée dans le monde littéraire d’Hélène Le Châtelier ne passe pas inaperçue. Submergée de critiques élogieuses, la jeune écrivaine de 34 ans reste pourtant très modeste : « Ce succès me paraît très excitant. Mais je le vis de loin car tout se passe à Paris et moi, je vis à Dublin », confie t-elle lors d’une rencontre entre l’écrivaine et ses lecteurs organisée à l’Alliance Française de Dublin mardi dernier. Installée sur le sol irlandais depuis trois et demi, Hélène Le Châtelier travaille en tant que designer de décoration d’intérieur. Elle commence à écrire en Irlande : «L’atmosphère anglophone m’a donné confiance dans mon écriture française. En France, j’avais toujours l’impression que les autres écrivaient, parlaient et s’exprimaient mieux que moi ! »

Une histoire de vieillesse pour une jeune écrivaine
« Beaucoup sursautent quand ils apprennent l’âge de la romancière », réplique en souriant Hélène Le Châtelier. « Ca peut paraître bizarre de se mettre dans la peau d’une femme de 80 ans alors que j’en ai 34, mais je ne sais pas, c’est venu tout seul. Ce roman de fin de vie reflète mes angoisses, mes expériences de vies, un mélange de toutes les personnes qui m’entourent…En fait, je crois que l’écriture ne s’explique pas. » D’un style spontané et direct, sans recherches ni rencontres préalables, Dernière adresse semble être né de la plume d’Hélène Le Châtelier comme par enchantement. Besoin vital d’écrire, de vider ses pensées, ses angoisses et de livrer sa philosophie de vie, l’écrivaine nous confie avec ce premier roman, un véritable petit bijou de la littérature française.

Un roman à déguster
Voici une histoire de vieillesse, de souvenirs raconté par le regard intérieur de Niamh, la vieille femme irlandaise. Hélène Le Châtelier nous propose un récit de vie comme on les aime, à la fois touchant, comique et triste. Chaque phrase en amène une autre, déclenche une longue réflexion, décroche un sourire ou rappelle un souvenir. A déguster tranquillement un de ces longs dimanches irlandais pluvieux où l’on ne peut rien faire d’autre que rester au lit avec un bon roman !

Livre disponible à l'Alliance Française ou auprès des Editions Arléa (13 euros)

Manon Loubet (www.lepetitjournal.com/dublin) Jeudi 15 octobre 2009