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De passage à Madrid samedi dernier, dans le cadre du Fest Festival, les deux frères et anciens membres du groupe Zebda ont présenté au public espagnol leur dernier album : "Mouss et Hakim ou le contraire". Un mélange de militantisme, d’humanisme et de franc-parler
Mouss et Hakim à Madrid (Photo LPJ) Lepetitjournal.com : Votre dernier album "Mouss et Hakim ou le contraire" est sorti en juin 2005. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
Hakim et Mouss : Les onze titres qui composent cet album sont très différents les uns des autres. C’est sans doute un album plus métissé, par rapport è ce qu’on avait l’habitude de faire jusqu’alors. On a souvent répété qu'il etait beaucoup plus rock que Zebda. Deux morceaux le sont réellement. Pour le reste, les influences sont multiple : on explore des sonorités allant du rock façon Clash à l’électro, en passant par les rythmes africains, le reggae, le groove, le funk, le ska ou le hip-hop. Pour cet album, nous avons testé les collaborations les plus diverses. Du basque Fermin Muguruza à Brigitte Fontaine en passant par Manu Chao, Oaïstar ou le groupe La Phase.
LPJ : Vous travaillez beaucoup en collectif. Ces collaborations avec d'autres musiciens sont importantes, pour vous...
Mouss et Hakim : Pour nous, collaborer avec de nouveaux artistes est un éternel challenge, une manière de voir si l'on est capable d’exister dans d’autres univers. Dernièrement, nous avons flashé sur le groupe La Phaze. Pour ce disque, on a réellement eu envie d’aller au bout de nos envies, sans pour autant renoncer à notre passé. Le collectif nous colle à la peau et cet opus compte avec la contribution de Marc Estève, Magyd Cherfi et Rémi Sanchez (des repêchés de Zebda), qui ont également fait partie du voyage. LPJ : Justement, une des chansons de votre dernier opus, "Le Hak et Le Mouss" parle de votre relation fraternelle. Ça se passe comment de travailler entre frères ?
Hakim et Mouss : (Rires...) Pas mal, on sait comment chacun fonctionne, on se comprend bien et au fond si on ne peut pas être en permanence d’accord, les choses se passent plutôt bien entre frangins. Il n’y a pas réellement de leader dans notre duo. Cela fonctionne par moment. LPJ : Vous avez la réputation d’être engagés dans vos textes. Que pensez-vous de tout ce qui se passe actuellement en France (banlieues, CPE ...) ?
Hakim et Mouss : Plus que des artistes engagés, nous nous considérons avant tout comme des citoyens. La jeunesse est dans la rue pour protester contre une logique qui enferme les plus fragiles dans la précarité. Il faut réagir. Quant aux banlieues, le plus beau cadeau de cet album est sans doute celui de l’immense Claude Nougaro, qui a concocté Bottes de banlieue, texte où il fait référence à Toulouse, notre ville du cœur, une ville pourtant pas toujours rose. LPJ : Et la vie madrilène, vous connaissez ?
Hakim et Mouss : On a déjà eu l’occasion de la découvrir, notamment grâce à Manu Chao, avec qui on a arpenté la ville dans ses moindres recoins. Et cela fait toujours plaisir de présenter un spectacle à l’étranger, d’autant plus que le public ici est spontané, chaleureux…un état d’esprit du Sud, au fond ! LPJ : Avez-vous à présent de nouveaux projets ?
Hakim et Mouss : On va très vite s’envoler pour Mexico où on nous attend pour un concert. Ensuite, on a quelques dates en Suisse avant de débuter une saison chargée ponctuée par des festivals comme celui des Francofolies (La Rochelle). Mais la route nous on adore ça !
Propos recueillis par Cathy IRAOLA et Félicie BADIN (LPJ-Madrid) Mouss et Hakim Ou le contraire (Atmosphériques) 2005
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