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Un film écrit par séquences par une centaine de mains, selon le principe du « cadavre exquis », voilà l'œuvre que présentaient Davy Chou et ses étudiants samedi dernier Davy Chou (à droite) et un élève devant l'affiche du film (LPJ Cambodge)
Quand Davy Chou arrive au Cambodge en février dernier, il a trois projets en tête. Le premier d'entre eux est de monter un film avec des étudiants de Phnom Penh. Pour ce challenge plusieurs écoles sont contactées, quatre vont devenir des partenaires du projet : Mith Samlanh (de l'ONG Friends), Reyum Art School (qui enseigne l'art traditionnel khmer), le Département Médias et Communication de l'Université Royale de Phnom Penh, et le Lycée Français René Descartes. Une soixantaine d'élèves donc au total, âgés de 11 ans pour les cinq plus jeunes en provenance du Lycée Descartes à 27 ans pour le plus vieux. Parmi eux, Sorn Setpheap, 22 ans : "J'ai écrit une des parties du scénario et j'ai participé à sa réalisation comme assistant pour une séquence et cameramen pour une autre. Le tournage de cette séquence a eu lieu en août et a duré une journée." Quatre établissements, et autant de visions du cinéma. Plus star system à Mith Samlanh, avec une forte vision artistique au Reyum Art School, un rapport à l'image important au DMC et enfin une culture cinématographique très différente pour les lycéens de Descartes. Une autre 'classe' s'est rajoutée, avec des élèves d'autres établissements (RUFA et Limkokwing University) et des artistes de tous univers. Ceux-ci, suivant un cours de rattrapage le dimanche après-midi, ont réalisé deux séquences, celle qui inaugure le film et celle qui le clôture. Ces jeunes viennent d’univers épars, et cela se ressent dans le film. Si tout le monde est sur un pied d'égalité avec comme dénominateur commun le cinéma, les cultures restent différentes. Ainsi les élèves du Lycée français, nourris aux réalisateurs occidentaux, vont fournir des séquences influencées par les films de genre, avec des codes différents de ce que l'on va trouver chez les élèves cambodgiens. Un humour différent aussi. Plus d'ironie à Descartes, plus de premier degré chez les autres.
Le film est écrit en séquences selon une adaptation du jeu du 'cadavre exquis'. Ici, chaque groupe de jeunes écrit sa part du scénario sans concertation avec le groupe suivant. Ce qui rend le film parfois un peu déroutant. Pour Davy, "C'est un film cambodgien, montré dans le Lux, symbole du cinéma cambodgien". Il est donc tourné en khmer, sous-titré en anglais. Après une première diffusion au CCF la semaine dernière, il a été projeté au cinéma Lux samedi dernier, attirant un ministre, des Secrétaires d'État, des diplomates, mais aussi des acteurs, des réalisateurs et des directeurs de studio cambodgiens. "C'est sûr, ça met la barre haute, mais on est fier d'avoir réussi à attirer des gens prestigieux", confie Davy. "On reçoit un très bon accueil quand on distribue les flyers, le Lux pourrait refuser du monde malgré la salle de 700 places !" Son projet suivant ? Une exposition-festival sur le cinéma cambodgien des années 1960 à 1975, à la Chinese House, du 16 au 25 octobre. On en reparlera. Twin Diamonds la Bande-annonce (en anglais)
Amaury d’Oléon (LePetitJournal.com Cambodge) le lundi 5 octobre 2009 EN APARTÉ – Davy Chou, archéologue du septième art khmer et moteur de son renouveau
CINEMA - 'Vanished', un thriller pour relancer la production locale de films CINÉ - La Commission du film du Cambodge rentre en scène JEUNESSE – Une carrière dans le cinéma ?
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