Connu mondialement pour "Le Cri"et "La Madonne", Edvard Munch ne s'est pourtant pas contenté de la peinture pour exprimer son talent. L’exposition qui se tient du 19 septembre au 6 décembre à la National Gallery à Dublin donne l’occasion de rencontrer un autre aspect de son œuvre : les gravures

(La Madonne a été jugée provocante lors de sa sortie, puis interdite - Photo National Gallery of Ireland)
Sombre et obscure, la salle d’exposition consacrée aux oeuvres d'Edvard Munch à la National Gallery semble au premier abord très intimidante. Un écriteau rassure le visiteur : "L’obscurité est volontaire afin de conserver les œuvres."Quarante gravures de l'artiste y sont exposées. Les premières sont des portraits d’amis du célèbre peintre expressionniste norvégien : Stéphane Mallarmé, Friedrich Nietzsche ou Eva Mudocci. Munch utilise une technique bien particulière : la lithographie, qui permet la création et la reproduction à de multiples exemplaires d’un tracé exécuté à l’encre ou au crayon sur une pierre calcaire.
Découverte de la gravure
Edvard Munch est déjà un peintre expressionniste reconnu lorsqu’il se lance dans la découverte des moyens graphiques. Les tableaux "Le Cri", "La Madonne", "L’enfant malade"ou encore "Les Trois âges de la femme"ont déjà eu beaucoup de succès. En 1896, il commence la gravure à l'eau forte, la lithographie et découvre ensuite la gravure sur bois. Il reproduit tous ses tableaux en gravures. Souvent oubliées au profit de ses peintures, ses gravures attirent aujourd'hui de plus en plus l'attention et semble inspirer tout spécialement les artistes actuels.
Ebullition de sentiments
"La Frise de la vie"qui orne les murs de l’exposition envahit la pièce de sentiments profonds. Les gravures transpirent l’amour, l’anxiété, la jalousie, la mélancolie et la mort. Edvard Munch était passionné par la psychique humaine et essayait de le retranscrire dans ses tableaux : "Dans mon art, j’essaye d’expliquer la vie et je m’efforce de clarifier mon explication dans ma façon de vivre". Devant chaque gravure, chacun est amené à réfléchir sur sa vie, sur ce qu’il a vécu, sur les sentiments qu’il a ressenti et qu’il ressent au moment présent : un vide de soi complet. Cette exposition est très personnelle et intimiste. Conseil : allez-la voir seul !
Manon Loubet (www.lepetitjournal.com/dublin) mardi 6 octobre 2009
Pour plus d’infos : http://www.edvardmunchprints.org/about.php
Tarif : 5 euros
Tarif réduit : 3 euros