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Quand des poids lourds du cinéma français (Depardieu-Auteuil-Dussolier) se retrouvent pour un polar bien ficelé, on est certain de passer un bon moment. C’est bien le cas au 36 quai des Orfèvres
Olivier Marchal, le réalisateur de 36 quai des Orfèvres (El muelle), ex-policier et comédien (notamment dans la sérié télé Quai N°1), renoue ici avec la grande tradition du polar à la française. Co-scénariste de son film, il nous livre avec finesse et brio les dessous pas toujours très propres de la police française qu'il connaît bien.
Paris. Depuis plusieurs mois, un gang de braqueurs opère en toute impunité avec une rare violence. Le directeur de la PJ, Robert Mancini (André Dussolier) a été parfaitement clair avec ses deux lieutenants les plus directs, Léo Vrinks (Daniel Auteuil), patron de la BRI (Brigade de recherche et d'intervention), et Denis Klein (Gérard Depardieu), patron de la BRB (Brigade de répression du banditisme) : celui qui fera tomber ce gang le remplacera à son poste de grand "patron" du 36, quai des Orfèvres.
La banlieue en "vedette"
La lutte est ouverte entre ces deux grands flics, autrefois amis, qu'aujourd'hui tout sépare : leurs vies, leurs méthodes, leurs équipes et une femme, Camille Vrinks...
Donnant le ton d'une ambiance urbaine glauque, la banlieue parisienne dispute la vedette au tandem Auteuil-Depardieu, réunis pour la troisième fois après Jean de Florette et Le placard. Filmés, plus que jamais comme des "gueules" de cinéma, ils font planer l'ombre d'un Lino Ventura. Jean-Pierre Melville ou José Giovanni ne sont pas très loin non plus. Beaucoup de belles références, donc, pour ce film qui nous attrape dès le début pour nous ne nous lâcher qu'après le générique de fin. On s'ébroue un peu en sortant pour retrouver une réalité plus souriante.
Sophie ROUCHON. (LPJ) 23 mars 2006
El muelle (36 quai des orfèvres) – France, 2004, 110 minutes
Un film d’Olivier Marchal, avec Daniel Auteuil, Gérard Depardieu et André Dussolier
Dans les salles à partir du 23 mars 2006 |