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TROIS QUESTIONS A… - Loic Hervouet, médiateur à RFI Suggérer par mail
jeudi 23 mars 2006
Dans le cadre du forum sur la presse, Loic Hervouet, ancien directeur de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille et médiateur à RFI répond à trois questions du petitjournal.com

Loic Hervouet (photo LPJ)

Le Petit Journal
- Lors de votre allocution à la deuxième table ronde du forum “Presse et Information”, vous avez parlé d’une société des médias qui était devenue marchande après avoir été d’abord au service du citoyen. Pensez-vous que les grands groupes qui financent la presse commencent à prendre conscience que la crédibilité d’un média va de pair avec son indépendance?

Loic Hervouet – Dans un premier temps, quand l’objectif d’un média est de vendre de l’information, il a tendance à faire dans le sensationalisme, et à donner la priorité à la rapidité de la diffusion des nouvelles. Au bout d’un moment, il s’aperçoit qu’il perd de sa crédibilité vis-à-vis des lecteurs ou des téléspectateurs. J’observe alors que le média en question se remet à installer des règles et un code de conduite. C’est le public lui-même qui va pousser le média à fournir des informations en quelque sorte labellisées, plus sûres et plus professionnelles.

LPJ - Les jeunes journalistes sont souvent confrontés à la précarité et de plus en plus se tournent vers les salaires confortables offerts par le monde de la communication d’entreprise. Qu’aimeriez-vous dire à un jeune journaliste qui “galère”?
Loic Hervouet - C’est un probléme de finalité. Il faut savoir pour qui on veut travailler, quel est son patron, et je considère que quand on travaille pour un média, son patron n’est pas le rédacteur en chef mais le public. Ce n’est pas le consommateur, ni le client. Je crois que c’est un problème d’idéal personnel, il faut savoir ce que l’on veut faire dans la société. Défendre les intérêts d’une entreprise est tout à fait légitime. Faire du journalisme, c’est avant tout promouvoir le développement des personnes et, sans trop user des grands mots, de la démocratie.

LPJ - Lors de la table ronde, vous avez mentionné une formation dont pourrait bénéficier la Faculté de journalisme de Bucarest...
Loic Hervouet - En collaboration avec les 27 écoles de journalisme qui font partie du réseau francophone, nous essayons d’établir ce qui doit être le minimum demandé pour exercer la profession de journaliste. Nous sommes convaincus que le journalisme est un métier, et ça s’apprend.
De la même façon, enseigner le journalisme est aussi un métier. Nous avons déterminé 15 critères, avec une dizaine de sous-critères, qui décrivent ce que doit contenir une formation de journalisme pour que la personne qui sort d’une école travaille de façon professionnelle. Il s’agit de toute une série de normes et de conseils regroupés au sein d’une charte à laquelle j’espère que la Roumanie pourra adhérer en novembre prochain. Ce type de formation se mettrait alors en place à Bucarest.
Propos recueillis par Laurent Couderc. (LPJ - Bucarest) 24 mars 2006

 
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