|
Depuis deux mois, environ 3.000 immigrants ont tenté de traverser l’Atlantique, de façon très précaire, pour atteindre les îles Canaries. Selon les estimations des corps de sécurité mauritaniens, 200 d’entre eux ont laissé leur vie lors de la traversée
En deux mois, les îles Canaries ont vu débarquer plus de 3.000 immigrants provenant pour la plupart de Mauritanie. Selon les estimations des corps de sécurité mauritaniens, 200 d’entre eux n’auraient pas survécu à la traversée. Ce drame humain a été pointé du doigt en Espagne, récemment, par une note interne de la garde civile intitulée "Décès en masse d'immigrants". Selon ce document, les clandestins africains entassés à plus de quarante dans des barques renommées "cayucos" seraient souvent victimes de pannes de moteur ou de grosses vagues en pleine mer, qui leur coûteraient la vie. On estime en effet que 40% des embarcations légères font naufrage avant d’avoir parcouru les 700 kilomètres qui séparent Nouadhibou de Ténérife. La deuxième ville de Mauritanie est désormais considérée comme une porte ouverte sur l’Europe.
L’Espagne réagit
Face à cette avalanche humaine, le gouvernement espagnol a décidé de saisir le Conseil européen, estimant que le problème d’immigration n’est pas seulement espagnol mais egalement européen. L'Espagne a parallèlement décidé de réactiver avec la Mauritanie un accord bilatéral - signé en 2003 - de rapatriement des clandestins, avec la mise en place d'un dispositif commun de dissuasion de l'immigration clandestine. D’autre part, la vice-présidente du gouvernement espagnol, Maria Teresa Fernandez de la Vega a récemment annoncé que son pays allait rapatrier "immédiatement" 170 immigrants clandestins maliens, sénégalais et mauritaniens. Ces prochaines mesures gouvernementales prévoient le renforcement des frontières, la mise en place de patrouilles conjointes mauritano-espagnoles et l’installation de centres d’accueil gérés par des ONG. Des lieux “où les immigrants devraient être traités dignement” comme l’a précisé le gouvernement espagnol.
Félicie BADIN. (LPJ ) 27 mars 2006
Lire aussi :
Le Figaro
Le Nouvel Observateur
|