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Le contrat de la société Aguas Argentinas (groupe Suez), qui assurait le service d’eau potable et d’égouts de la ville de Buenos Aires et d'une partie de sa banlieue, a été annulé par le gouvernement mardi dernier. Une fin abrupte à un conflit de longue date, où se mêlent critiques, menaces et tarifs congelés
Des eaux calmes indifférentes aux bourrasques économiques... (Photo : Courtoisie presse Aguas Argentinas)
Nestor Kirchner a signé mardi dernier l'annulation définitive du contrat qui liait le gouvernement argentin à la société Aguas Argentinas, dont le groupe Suez est le principal actionnaire. Le service d’eau potable et d’égouts de la ville de Buenos Aires et de 17 communes de sa banlieue sera désormais assuré par AySA (Aguas y Saneaminetos Argentinos), une société d’Etat créée à cet effet. AySA appartient à 90% à l’Etat et à 10% au syndicat de travailleurs de Obras Sanitarias (les services d’assainissement).
C’est le ministre de la Planification, Julio De Vido, qui a lui même fait cette annonce. Il en a profiter pour fortement critiquer Suez, pour le non respect des engagements prévus par le contrat de concession, notamment l’extension du réseau et la qualité de l’eau. Il a par ailleurs assuré que les tarifs ne bougeront pas et qu’un gros apport de l’Etat est prévu pour améliorer le service : 144 millions de pesos pour cette année et 205 millions de pesos en 2007.
Suez, qui avait annoncé son retrait dès septembre dernier, s’est défendu en mettant en avant les 1,7 milliard de dollars US qu’il a investis depuis le début de sa gestion (en 1993). Le groupe français a expliqué que la congélation des tarifs - depuis la dévaluation du peso en 2002 - ne lui avait pas permis d’assurer un suivi satisfaisant du service. Suez a indiqué qu’il ne retirerait pas sa plainte auprès du CIADI (tribunal de la Banque Mondiale) pour un montant correspondant aux investissements réalisés.
Une société sans preneur
La situation économique et financière de Aguas Argentinas est en effet loin d’être brillante (article LPJ du 21/09/05 ). Une dette auprès des organismes internationaux de plus de 670 millions de dollars US, des exigences d’investissements pour l’expansion du réseau de l’ordre de 400 millions de pesos annuels, des tarifs congelés, la demande auprès du CIADI que Suez se refuse de retirer : voilà qui ne fait pas de cette société une perle à saisir !
Ainsi, tous les pourparlers engagés par le gouvernement avec divers groupes d’investisseurs, tels Latam et Fintch et même avec l’entrepreneur argentin Eduardo Eurnekian, n’ont jamais abouti. Maintenant que le gouvernement a pris à sa charge le service d’eau potable et d’égouts du Grand Buenos Aires, la question à décanter est qui payera l’addition d'Aguas Argentinas !
Suzanne THIAIS. (LPJ – Buenos Aires) 23 mars 2006 |