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LE BILLET DE BLANCHE BAUDOUIN - Fermons la cage aux zozios |
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| Ecrit par Betty RUBY,
le 21-03-2006 23:00
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Blanche lit dans la grippe aviaire un sacré hymne à la vie. "Profitons de cette peur qui nous rend droits. Ne la craignons pas, abusons-en !" dit-elle, toujours partante pour l’engouement universel
Tordons le cou à l’animal, pas à notre frousse. (Photo : AFP)
Dans un bel optimisme lexical, France Inter l’autre jour a consacré une journée à la "peste aviaire". Ils devaient trouver que le terme "grippe" évoquait trop la romantique mort des vieux les soirs d’hiver. Alors que "peste aviaire" en effet, ça a plus de panache, ça flanque une pétoche d’enfer. Et la pétoche, c’est un bon signe : la preuve ultime qu’on est vivant. Fusillons les canards boiteux, enterrons cygnes ou fouines pestiférés, confinons la buse ou la poulette, lâchons nos chats dans les coins les plus sombres des forêts, scrutons le ciel et ses dérivés jusqu’à s’en faire péter la rétine tout en dévorant la tendre volaille trop cuite. Le moustique ridiculisé par la mouette Oui, après le Sida qui ne concernait que les pays pauvres puis les homos, l’anthrax dont on ne sait toujours rien, le Sras qui s’est amusé dans les aéroports, la nouvelle terreur planétaire vient du zozio. A la Réunion, le Chikungunya tente bien de faire frissonner les esprits, mais affublé d’un nom pareil, il n’a aucune chance. Alors que le H5N1, on frémit rien qu’à le prononcer. Surtout qu’on redoute l’arrivée des oiseaux migrateurs. Quoi de plus redoutable qu’un vol d’oies sauvages par-dessus l’étang à 5h du matin ? Louons le frisson D’autant que même plus tard, même en pleine ville, l’angoisse animalière fonctionne aussi. Je me baladais sur l’avenue quand j’ai observé une petite fille dont le visage s’est illuminé comme si elle venait de voir Lorie en personne. Avec cet émerveillement gigantesque propre aux petites filles, la gamine s’est penchée radieuse sur le trottoir, et a remonté fièrement sa trouvaille : "Maman regarde la belle plume !" Je confirme c’était une belle plume de pigeon, moche comme tout. Pas de quoi fouetter un chat, mais le sang de la Maman n’a fait qu’un tour. Une tape sur la main de la fillette pour qu’elle lâche l’objet du délit et un cri : "Manon, ça ne va pas ?! On ne doit plus toucher les plumes maintenant, tu m’entends, plus jamais, c’est très très dangereux. Tu peux t’empoisonner avec une plume". Reconnaissons que les colères divines sont diablement créatives. Blanche BAUDOUIN. (LPJ) 22 mars 2006
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