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Les
courses de lévriers attirent chaque soir des centaines d’Irlandais
depuis plus d’un siècle. Autour du stade, de nombreux passionnés ne
sont pas là pour se détendre. Des sommes conséquentes sont en jeu, et
les paris se font toujours selon le même rituel.
 Six lévriers prennent le départ de chaque course (photo: LPJ)
A
Shelbourne Park, le spectacle est aussi dans les gradins. Avant chaque
course, une vingtaine de bookmakers alignés autour de la piste
haranguent les parieurs. Ils se tiennent debout, prêt à griffonner sur
leur tableau la cote fluctuante de chaque lévrier sur le départ.
Ces
preneurs de paris n’ont que quelques précieuses minutes pour
enregistrer les mises qui peuvent varier de 5 à 1000 euros. Le cou
tendu et les oreilles aux aguets, ils cherchent du regard un éventuel
parieur dans la foule qui se presse autour de la palissade. Face à eux,
des dizaines d’habitués échangent leurs pronostics dans l’urgence.
D’autres sont plongés studieusement dans la "race card", un petit
carnet actualisé qui détaille le pedigree de chaque lévrier.
Une
casquette en tweed vissée sur la tête, James Saul, l’un des rares
parieurs professionnels irlandais a sa technique pour assurer ses
gains : "Je regarde tous les jours les vidéos des dernières courses des
lévriers qui seront en lice au cours de la soirée. Je me forge une
opinion. Et c’est souvent la bonne" confie-t-il les sourcils froncés.
Avant les courses, les six lévriers vêtus de leurs dossards sont
présentés un par un à la tribune. Ces images sont retransmises en
direct dans les autres stades d’Irlande. Il n’est pas rare de voir des
bookmakers prendre des paris par téléphone. Dans la vaste salle sous
les gradins, les mordus de courses multiplient leurs chances en misant
sur un chien au départ de Cork. C’est le Tote, sorte de PMU irlandais,
qui sert de guichet pour les paris.
Go on Billy ! Go on !
 Les chiens s'élancent à la poursuite d'un lapin mécanique (photo: LPJ)
Toutes les quinze minutes, la tension se ressent. Les lévriers s’engouffrent dans la rangée de boîtes métalliques qui sert
de
grille de départ.
Dans une ambiance électrique, les bookmakers
enregistrent les paris jusqu’à la dernière seconde. Et en un instant,
tous les regards se portent vers la grille de départ. Les lévriers
bondissent sur la piste à la poursuite d’un lapin mécanique. Dans les
gradins, une poussée d’adrénaline collective s’empare des parieurs. « Go on Billy ! Go on ! ».
Chacun
hurle le nom de son lévrier, le suit du regard, l’encourage. Affûtés
dès leurs naissances, les chiens filent à la vitesse ahurissante de 80
km/h. Durant trente secondes, toute l’attention du stade se cristallise
autour des lévriers, qui en un tour de stade font quelques heureux et
beaucoup de malheureux. Pour ne rien regretter, James Farrell, le plus
ancien bookmaker dublinois prévient : "il faut toujours s’en tenir à
son choix de départ. Sinon, c’est le meilleur moyen de perdre la tête".
Charlotte LASSALLE. (LPJ - Dublin) 22 mars 2006
Pratique :
Irish Greyhound Board: www.igb.ie
Deux stades à Dublin :
Shelbourne Park : mercredi, jeudi et samedi à 20h.
Greyhound Race Track, Bus n°3 depuis O’Connell Street.
Harold’s Cross: lundi, mardi, et vendredi à 19h30.
Bus n°16 et 16A depuis O’Connell Street.
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