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Arrivé à mi-mandat, et confronté à de nombreux chantiers en cours, le Premier ministre joue la carte de la sérénité, en s’efforçant d’afficher le sourire qui avait séduit des millions d’Espagnols lors des élections législatives d'avril 2004. Petit bilan "zapateriste", à deux ans des prochaines élections
 Le 15 avril prochain, José Luis Zapatero arrivera à la moitié de son mandat
Le 15 avril 2004, José Luis Rodriguez Zapatero arrivait au pouvoir, à la faveur de la victoire des socialistes du PSOE sur les conservateurs du Parti Populaire. Une victoire analysée par beaucoup d'observateurs comme un succès opportuniste, quelques jours après les attentats de Madrid et sur fond de querelle politique liée à l'engagement espagnol en Irak.
Dans quelques jours, le Premier ministre espagnol arrivera à la moitié de son mandat. Et cela sans que l'effet "zapateriste", qui avait contribué à le porter au pouvoir, ne s'essouffle. Deux ans après sa victoire, Zapatero a ainsi promis qu’il maintiendrait le cap fixé, depuis 2004, par son gouvernement, tout en faisant preuve de "tolérance, de respect et de mesure".
Depuis son arrivée à la Moncloa, le Premier ministre s’est lancé dans un programme au contenu social fort. Loi sur la violence sexiste, loi sur la parité hommes-femmes, loi scolaire qui desserre l'emprise de l'Eglise dans le système éducatif, consolidation de la Sécurité Sociale... Ces réformes, adoptées ou en cours d'examen, esquissent un bilan modernisateur pour un gouvernement qui a fait le choix de ne pas chercher dans l'économie son brevet de réformisme. Parmi les images fortes de ce début de mandat, symboliques de ce désir d'ouverture sociale et morale, on retiendra ainsi celle du premier mariage homosexuel espagnol, célébré le 11 juillet dernier à Tres Cantos, près de Madrid. La loi autorisant le mariage homosexuel et l’adoption par des parents de même sexe, projet de l'équipe Zapatero, avait été votée le 30 juin 2005.
Des fronts multiples
Cette politique, toutefois, ne s'est pas faite sans heurts. Si l’opposition, menée par Marianno Rajoy, se dresse systématiquement contre les projets du gouvernement, la crispation s'est véritablement installée avec la refonte du statut de la Catalogne. Considérée comme un élément de la modernisation politique voulue par Zapatero, cette dernière a cristallisé toute la charge explosive contenue par la question de l'articulation territoriale de l'Espagne. Autre question polémique, face à laquelle se trouve confronté le dirigeant du PSOE : l’immigration. L’opération de régularisation sans précédent ordonnée en 2005 aura certes permis de redonner de l’espoir a près de 700.000 immigrants clandestins. Mais les terribles émeutes de Ceuta et Melilla, où des milliers d’émigrants tentaient de franchir la frontière, sont restées ancrées dans tous les esprits. Et assombrissent un peu le bilan, somme toute honorable, du gouvernement.
Cathy IRAOLA. (LPJ- Madrid) mercredi 22 mars 2006 |