Renaissance est un film intriguant, une prouesse technique inédite pour le cinéma français. Christian Volckman transpose les recettes du polar dans un Paris futuriste et invente un univers en 3D noir et blanc au graphisme percutant
Un beau jouet de garçon, un peu sec (affiche pathé)
Imaginons le Paris de 2054. Le Sacré-cœur est toujours là, mais des excroissances parallélépipédiques, des surfaces transparentes, des voies de circulation aériennes et des centaines d’écrans publicitaires se sont greffés aux immeubles haussmanniens. C’est le cadre fantasméde Renaissance de Christian Volckman, l’histoire d’un flic àla recherche d’une jeune scientifique dont les travaux pourraient bouleverser l’avenir de l’humanité.
Une production de cette dimension technologique est nouvelle pour la France, mais la performance rivalise sans peine avec l’Amérique ou le Japon. Les images en 3D sont en effet saisissantes, avec leur noir et blanc tranchéet leurs visions urbaines grandioses. Il faut donc saluer l’audace d’un projet réellement ambitieux et très abouti graphiquement.
Un vieil avenir
Malheureusement, la somptuositédes décors et la cohérence plastique ne font pas àeux seuls un film réussi. Avec son héros taciturne, ses belles héroïnes en détresse et son dénouement àla métaphysique douteuse, Renaissance revisite les clichés du genre sans vraiment les renouveler.
Plus ennuyeux, le travail de motion capture (captation d’acteurs en chair et en os, passés ensuite àla moulinette informatique) s’avère très asséchant. Ainsi désincarnés, les personnages ne véhiculent ni émotion, ni sensualitéet la bande son, grandiloquente, ne compense pas ce manque de sensibilité. Malgrésa force formelle, Renaissance a quelque chose d’un beau jouet de garçon qui souffrirait de son manque de poésie.
Jean Marc Jacob. (LPJ) 21 mars 2006
Renaissance – Christian Volckman – France (1H35), animation
www.renaissance-lefilm.com