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Mendoza est une des rares, même l’unique province argentine qui ait tenu tête avec succès au crash général du pays en 2001. Située au nord-ouest argentin, aux pieds de la cordillère des Andes, Mendoza récolte aujourd’hui ses fruits
Julio Cobos, gouverneur de la province de Mendoza. (Photo : LPJ)
Seule province argentine à avoir tenu tête à la crise de 2001, Mendoza doit peut-être son succès à une longue tradition de labeur, à l’excellence de son niveau d'éducation, au réinvestissement constant de ses entreprises et surtout à l’amour que lui portent ces habitants, fiers d'être Mendocinos.
Dans cette terre aride, où la pluie se fait rare (200mm/an), le rude travail s'est imposé aux premiers émigrants, italiens puis espagnols. Un travail sans relâche pour transformer cette terre désertique en vergers prodigues. Les Mendocinos ont su conserver et améliorer le système d’irrigation élaborépar les tous premiers habitants de cette région, les Huarques, mis en place voilà plus de 2000. Système que les envahisseurs du nord, les Incas, se sont bien gardés de chambouler. Le gouverneur de la province, Julio Cobos, du parti radical et ingénieur de formation, a déclaré au Petitjournal.com qu’il s’agit de ne pas gaspiller une seule goutte d’eau, qu’elle soit de pluie ou provenant du dégel dans la Cordillère.
C’est ainsi que les rues de la ville de Mendoza sont bordées d’acequias (larges et profondes rigoles) qui communiquent avec tout un réseau de canaux. Un magnifique ouvrage d’ingénierie hydraulique au service de l’irrigation des champs ! Le coût de l’eau est proportionnel à la superficie de l’aire irriguée et sa législation s’est inspirée presque entièrement de celle en vigueur actuellement en Israël.
Un niveau de formation supérieure à la moyenne nationale
Le niveau d’alphabétisation de la province atteint 96,8% et l’Université Nationale de Cuyo rayonne sur toute la région (provinces de San Juan, San Luis et La Rioja). Ce centre d’études privilègie une forte dynamique d’échanges et d’accords avec de nombreuses universités européennes et latino-américaines. Les carrières phares sont la médecine et l'agronomie. Les entreprises locales participent activement à l’organisation de cours de spécialisation et à l’accueil de stagiaires.
Les fruits bénis de la terre bien localisés
A seulement 341km de Santiago du Chili, à travers de nombreux cols, Mendoza est la route presque obligée pour les marchandises en transit du Brésil à destination du Chili et pour l’ouverture de l’Argentine vers le Pacifique. Une position géographique stratégique qui favorise les fruits bénis de la terre de Mendoza.
La mère de toute la richesse de la province est la vigne. Pour autant, l’essor du secteur fruitier (production de cerises, prunes, poires, pêches et fruits secs) et horticole (tomates, aulx et oignons), dû à une politique de diversification agricole, n’est pas à négliger.
A l’époque de la parité dollar-peso des années 90, les Mendocinos en ont profité pour re-équiper leurs industries. Grâce à cet effort, Mendoza s’est consolidé, comme l'avance le gouverneur Julio Cobos, chiffres à l’appui : la province a enregistré en 2005 une croissance économique de 11,5% (moyenne nationale = 9%) et un chômage de seulement 6,5% au mois de février 2006 (moyenne nat. au 4e trim. 2005 = 10,1%). Et d’ajouter que son gouvernement s’engage à parfaire un nouveau modèle de réalisations entre le public et le privé.
Suzanne THIAIS. (LPJ – Buenos Aires) 17 mars 2006 Mendoza en chiffres
Altitude : 750m SNM
Superficie: 148.827 km2
Population 1.573.671 habitants (4,4% de la population totale de l’Argentine) |