| Ecrit par Betty RUBY,
le 01-03-2006 22:00
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Il aurait pu être un ingénieur tranquille. L’idée l’a miné, il l’a plantée. Plusieurs fois dans sa vie, Olivier Fleurot a refusé de confortables pantoufles. Il dirige aujourd’hui le Financial Times et ne s’ennuie plus Olivier Fleurot sera présent au Sénat lors de la Journée des Français de l’étranger du 4 mars.
Les chemins de traverse empruntés par Olivier Fleurot l’ont conduit à la tête de l’un des plus prestigieux quotidiens au monde. (Photo : FT)
PDG du Financial Times à Londres, où il vit depuis six ans, Olivier Fleurot n’a pas d’attache en France. Entre une enfance qui l'a vu changer de ville tous les deux ans pour suivre son père pilote de chasse, un premier poste comme ingénieur en Turquie où personne ne parlait ni anglais ni français, un second à Bassora en Irak à une époque où il était impossible de seulement téléphoner au siège parisien, son berceau d’origine est le sens de la débrouille et du contact. Il n’existe pas d’ancrage géographique pour ça. Pas plus qu’il n’en existe dans la lutte contre l’ennui. Par manque de vocation, par sagesse et parce qu’il n’était pas mauvais en maths, Olivier Fleurot a suivi une formation d’ingénieur. Il bossait chez Degrémont en Virginie (USA) quand, à 26 ans, sa destinée lui a semblé mortellement ennuyeuse. Contre l’avis du boss et de papa, il démissionne, prend sa valise et rentre à Paris avec l’idée de devenir journaliste. De l’audace et des hasards Coup de bol, L’usine nouvelle cherche via une annonce dans Le Monde un ingénieur qui veuille bien faire du journalisme. Il y reste quatre ans, puis on lui propose du travail aux Echos. Cela lui plaît un temps, mais voyant naître la vague informatique, il trouve la plume un peu passive. Alors il la range pour rejoindre une start-up de logiciels pour micro-ordinateurs. Les Echos le rappellent, mais comme il ne veut plus être journaliste ni spécialiste informatique, et qu’il s’est découvert une passion pour le marketing, il y retourne comme directeur du marketing, de la diffusion et de la com. Il intègre cette fonction en février 1988, précisément le mois où Les Echos sont rachetés par Pearson, l’énorme groupe de presse anglais qui, connaissant la presse à son échelle mondiale, organise une vraie stratégie de développement, avec rigueur de gestion et indépendance rédactionnelle. Un regard neuf chez les Anglais Olivier Fleurot prend la tête des Echos en 1996. Il s'y plait tellement que deux ans plus tard, quand on lui propose celle du Financial Times, il hésite : "Je n’avais jamais travaillé en Angleterre, jamais dirigé d’Anglais, je ne connaissais ni les modes de management, ni les subtilités culturelles. Mais je me suis dit que si je ne tentais pas le coup, je risquais de le regretter toute ma vie." En janvier 1999, il embarque sa femme et ses trois fils à Londres et considère aujourd’hui avoir fait le bon choix. Car, en plus de diriger une des plus belles marques mondiales de presse, sa participation aux activités de Pearson et à l’équipe de management du groupe, qui emploie 32.000 personnes dans le monde, lui permet de diversifier son quotidien. Entre deux, il est aussi devenu chairman en alternance de FTSE, filiale à 50% du Financial Times et du London Stock Exchange. Il reste néanmoins lucide sur son parcours : "Je ne dois cette vie à rien d’autre qu’à mes seuls choix. Et à ceux aussi qui m’ont fait confiance quand je ne correspondais pas forcément au profil du recrutement. Ouvrir des postes à ceux qui n’ont pas nécessairement les qualifications requises, c’est donner sa chance à un autre potentiel : celui du regard neuf et des idées nouvelles." Betty RUBY. (LPJ) 2 mars 2006
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