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PARCOURS D’EXPAT - Jean-Louis Gassée et le vaste fun de la Silicon Valley Version imprimable Suggérer par mail

Ecrit par Betty RUBY, le 27-02-2006 22:00

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Jean-Louis Gassée est considéré comme un maître de la high-tech, un messie de la réussite numérique, LE Français qui s’est imposé aux Etats-Unis. Au final pourtant, c’est un type plutôt marrant, avec une vision singulière de l’expatriation
Jean-Louis Gassée sera présent au Sénat lors de la Journée des Français de l’étranger du 4 mars


"Que sais-tu faire et pourquoi ça t’intéresse ?" (Photo : Allegis Capital)

Comme pas mal d’expats qui ont réussi à l’étranger, Jean-Louis Gassée est un être singulier au parcours atypique. Parti pour être chercheur en mathématiques, il a été contraint d’interrompre ses études pour gagner sa vie plus tôt que prévu. Après avoir été barman à Deauville, maître d’hôtel dans une boîte de strip-teaseuses à Montparnasse ou employé à la SNCF, il a très vite découvert que les affaires l’amusent.

Il entre chez Hewlett Packard en 1968, monte Apple France en 1981, et rejoint la Californie quatre ans plus tard, à 41 ans. Là, il crée le système BE OS, entre en bourse et en conflit avec Microsoft, gagne un procès mirobolant, revend Palm source l’an dernier et devient associé-gérant de Allegis Capital, une société de capital risque.
C’est donc un maître de la high-tech, toujours amusé et plutôt marrant qu’on retrouve aujourd’hui dans la Silicon Valley où il continue à aider les Français qui débarquent à créer leur entreprise. Il les invite aussi à participer aux réunions chaque premier lundi du mois à DBF, une association qu’il a cofondée, il y a 11 ans, pour créer du lien entre les Français de la vallée.
Comme il ne leur était pas aisé de parler d’eux ou de leur vie professionnelle sans ennuyer l’auditoire, désormais Gassée les interviewe en public : qu’ont-ils réussi, raté, quelles sont leurs passions ?
Amusons-nous, surtout !
Clairement, Jean-Louis Gassée considère la vie trop courte pour se perdre en ronds de jambe. C’est d’ailleurs ce qui transparaissait de ses chroniques à Libération entre 1995 et 2003. Il va revenir bientôt à ses impressions en direct de la folie de la Silicon Valley. 20 minutes —le gratuit des villes françaises, désormais dirigé par Frédéric Filloux, un ancien de Libé— l’y a ré-invité.
Car dans ce petit paradis des allumés de la high-tech, Jean Louis Gassée exulte et réfléchit. "Je suis un plumitif d’occasion, un cuisinier du dimanche" dit-il.
Il semble heureux comme un gamin, par exemple, d’avoir désormais un pied-à-terre à St-Germain, juste en face de Science-po, au centre mondial de la gauche caviar.
Porteur de virus
Il s'amuse aussi de l’engouement actuel des médias pour les "succes story" des expats. "Voilà 20 ans que je vis aux USA. En ce moment, la France regarde ses expatriés de façon positive, car il faut porter le flambeau hors des frontières. La journée organisée par le Sénat témoigne de ce que l’expatriation apporte au pays natal : une image positive de la France à l’extérieur et un enrichissement à l’intérieur via la circulation d’infos, de sentiments et d’argent aussi. Mais ces périodes fastes sont aussi récurrentes qu’un mouvement de balancier. Évidemment, l’expat fait rayonner la France à l’étranger. Mais qu’il soit dans la lumière ou dans l’ombre, ça ne change pas grand-chose au bout du compte : il ne sera jamais qu’un porteur de virus", explique-t-il.

Jean-Louis Gassée adore son pays natal. Il y va aussi souvent que possible puisque sa culture est française. Mais il adore aussi son pays d’accueil car il n’existe pas d’autre endroit au monde où, quelles que soient les motivations sexuelles, les orientations religieuses, ou les considérations politiques, on ne demande jamais rien d’autre que "que sais-tu faire et pourquoi ça t’intéresse ?"
Betty RUBY. (LPJ) 28 février 2006


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