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La troupe de théâtre La pajirita de papel joue jusqu’au 12 mars prochain la pièce de Jean Genet "Quatre Heures à Chatila", au théâtre La Puerta Estrecha. Un choix engagé et fort en émotion, qui tient le spectateur en haleine jusqu’au bout
La compagnie de théâtre "La Pajarita de Papel" Surtout, ne pas se laisser intimider par la ruelle sombre qui mène à ce petit théâtre. Une fois passée la porte d’entrée, les futurs spectateurs parviennent à se réchauffer dans un climat intime et convivial propice aux confessions. Il faut dire que le théâtre de La Puerta Estrecha a la particularité de vous plonger dans une ambiance bien singulière. Et la pièce de théâtre Quatre Heures à Chatila, adaptée par Rodolfo Cortizo et jouée par la troupe La pajirita de papel jusqu’au 12 mars prochain, est l’occasion de connaître ce lieu unique à Madrid.
A travers cette pièce théâtre adaptée de Jean Genet, l’auteur nous fait revivre un drame humain : celui de septembre 1982, où périrent des milliers de civils palestiniens. Des faits que l’auteur a vécus personnellement puisqu’il a été, à l’époque, confronté directement aux horreurs commises par l’ultra-droite libanaise et par l’armée israélienne. Dans cette pièce, il médite sur un massacre, celui de Sabra et Chatila.
Un texte tout en puissance
Quatre Heures à Chatila est une représentation politique de ces massacres, aujourd’hui reconnus comme génocide. Le texte se veut un réquisitoire implacable contre les responsables de cet acte de barbarie. Pourtant, le spectateur n’est pas plongé d'emblée dans l’horreur du drame. C’est progressivement que s’installent la vision des massacres et l’inadmissible carnage. Les silences, les soupirs sont évocateurs. Quant à la performance des comédiens Nadia Dimitrova et Rodolfo Cortizo, elle est irréprochable. Avec une façon de jouer sincère et forte en émotion, ils parviennent à évoquer l’horreur de façon poétique. Autant dire que la magie de ce duo fonctionne à merveille.
Cathy IRAOLA. (LPJ Madrid) 6 mars 2006 Cuatro Horas en Chatila.
Teatro de la Puerta Estrecha (c/ Cabeza, 14)
Jusqu’au 12 mars.
Du jeudi au dimanche à 21h
Réservations par téléphone :
914 67 22 24
12 euros
teatrodelapuerta@unapalabraotra.org
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