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Après 13 ans de procédure, Bernard Tapie l’a emporté. Vendredi, un tribunal arbitral a condamné le Crédit Lyonnais à lui verser au moins 285 millions d’euros. L’ex-homme d’affaires aussi envié que décrié peut enfin retomber sur ses pattes, comme il l’a toujours fait Bernard Tapie a été député des Bouches-du-Rhône de 1989 à 1996 (photo AFP)
(Rédaction Internationale) - On peut au moins lui reconnaître une qualité : Bernard Tapie ne lâche rien. Vendredi, il a obtenu gain de cause dans le litige qui l’opposait depuis 13 ans au Crédit Lyonnais. Il devrait empocher 285 millions d’euros au moins. La somme pourrait même doubler, car il doit également toucher les intérêts qui courent depuis 1994 ! "C’est un immense soulagement" a-t-il confié à sa sortie du tribunal. Lorsque "Nanard" comme il se surnomme lui-même, a racheté Adidas le 7 juillet 1990 pour 244 millions d’euros, il était loin de se douter des péripéties que cela allait entraîner. En février 1993, Tapie avait choisi de vendre l’entreprise par l’intermédiaire du Crédit Lyonnais pour 315,5 millions d’euros. Problème : le Crédit Lyonnais, par l’intermédiaire d’une de ses filiales, aurait dissimulé à Bernard Tapie d’importantes plus-values. Un manque à gagner et un préjudice moral dont la banque doit aujourd’hui s'acquitter. Bernard Tapie, lui, sort la tête de l’eau. Car la grande partie de ses indemnités vont partir dans les caisses publiques pour compenser ses dettes. Mais avec environ 30 millions d’euros dans sa poche, Tapie ne devrait pas dormir dehors. L’affaire Adidas qui a tourné en sa faveur n’est pas un hasard. Depuis ses débuts dans le monde des affaires, l’homme rebondit de déboires en victoires.
Un phénix nommé Tapie Bien qu’ayant grandi dans un milieu modeste, Bernard Tapie, né le 26 janvier 1943, a toujours eu le goût de l’argent et de la réussite. Charismatique gouailleur, il s’est très vite lancé dans les affaires, et surtout la politique. Animateur vedette à la télé, engagé au PRG (Parti Radical de Gauche), il s’est fait repérer par François Mitterrand alors président de la République. Il est nommé ministre de la Ville en 1992 pour quelques mois. Mais c’est surtout sa prise de direction de l’Olympique de Marseille en 1986 qui le propulse sur le devant de la scène médiatique. Il représente alors l’image sulfureuse du monde des affaires. Aussi admiré que détesté, il mêle affairisme et politique. Ce cocktail dangereux explose en 1997, lorsqu'il est condamné à cinq mois de prison pour subordination de témoins. Il est accusé d'avoir truqué le match OM-Valenciennes. Ruiné par cet épisode, son empire s’effondre. Mais alors que tout le monde le pense définitivement "out", coup de théâtre ! Bernard Tapie devient acteur en 2000 pour TF1, sous les traits du commissaire Valence. Et il continue ! Récemment, il est monté sur les planches avec Vol au dessus d’un nid de coucou. A la rentrée, il devrait reprendre Oscar au Théâtre de la Renaissance. Si Bernard Tapie a définitivement tourné la page du monde des affaires, la politique le séduit encore. En 2007 il avait soutenu Nicolas Sarkozy, candidat à la présidentielle. Et Tapie se verrait bien député européen. La suite au prochain épisode. Adeline BOURG. (www.lepetitjournal.com) mercredi 16 juillet 2008
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