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Pour célébrer le 140è anniversaire de sa naissance, le Musée National de Varsovie rend hommage à Józef Pankiewicz. En 500 tableaux, dessins et gravures on retrouve ce peintre considéré comme l’un des précurseurs de l’impressionnisme et du symbolisme en Pologne
Photo : Courtoisie du Musée National, "Gozdziki czerwone, ok.1910" Józef Pankiewicz (1866-1940), artiste complet, complexe et de référence, a droit, en hommage au 140è anniversaire de sa naissance, à sa rétrospective au Musée National de Varsovie. A travers 500 tableaux, dessins et gravures, on retrouve ce peintre qui a alimenté ses oeuvres de ses diverses expériences, voyages et rencontres.
Pankiewicz s'est illustré, à la charnière des 19è et 20è siècles, dans différents mouvements artistiques : réalisme, impressionnisme, postimpressionnisme, symbolisme et fauvisme. Cela lui a souvent valu d'être comparé à Pierre Bonnard, que Picasso définissait comme "un pot-pourri d'indécisions". L’exposition présentée au Musée National constate néanmoins que les hésitations sont un gage de curiosité et recèlent d'immenses richesses.
C'est pendant son premier séjour à Paris, en 1889, que Pankiewicz découvre l’impressionnisme. Dès son retour en Pologne, il essaie de représenter sur les toiles ses expériences parisiennes. Mais il partage le sort des impressionnistes français et ses oeuvres sont violemment attaquées par les critiques et le grand public.
Entre impressionnisme, nocturnes monochromes et art japonais
Déçu, le jeune Józef abandonne les principes du luminisme impressionniste pour se consacrer à la réalisation de nocturnes monochromes. La synthèse des formes qu'il peint, disparaît dans l'obscurité et crée une ambiance mélancolique. Les registres étroits du bleu, du vert, du gris et du noir éteints dominent les portrait peints par Pankiewicz. Des portrait silencieux, avec des traits concentrés et des visages modelés.
Grâce à l’amitié qui le lie à Feliks Jasieński, un collectionneur d’art japonais, Józef Pankiewicz approfondit son goût pour l’art oriental qui devient une nouvelle source d'inspiration. Pankiewicz adapte dans ses toiles les principes japonais de la composition et quelques accessoires orientaux -le kimono, la porcelaine, les gravures... Parmi différentes natures mortes à la japonaise, genre Anémones (Anemony), on peut admirer sa jolie Japonaise (Japonka) aux couleurs vives et claires.
Retour à une palette aux couleurs fortes
Entre 1908 et 1914, Pankiewicz voyage dans le sud de la France. Il rencontre Pierre Bonnard et Robert Delaunay et s'intéresse à la peinture de Cézanne. Le soleil méditerranéen de la France et de l'Espagne lui permet de retrouver sa palette gaie d’autrefois, à laquelle il incorpore les couleurs fauvistes, des couleurs fortes, saturées. Il trouve dans les paysages du sud son inspiration. Enfin dans les années 20 il crée des natures mortes décoratives dont le motif principal est souvent un grand bouquet d’anémones dans un vase.
Il reste enfin à admirer ses magnifiques portraits, parmi lesquels la fameuse Fille en robe rouge (Dziewczynka w czerwonej sukni), oeuvre pleine de charme dont la tâche monochrome de la robe de la fille, d’un rouge criard, ne laisse personne indifférent. Il en est de même avec Une femme se peignant (Kobieta czesząca się) qui révèle l'influence du cubisme et du fauvisme.
M.T. (LPJ – Varsovie) 7 mars 2006 "Józef Pankiewicz 1866-1940. Vie et œuvre. Hommage à l’artiste à l’occasion du 140e anniversaire de sa naissance"
Muzeum Narodowe (Musée National)
Aleje Jerozolimskie 3, 00-495 Warszawa
www.mnw.art.pl
Ouvert de 10h à 16h le mardi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche ; de 10h à 18h le jeudi. Fermé le lundi. |