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La taxe carbone devrait être mise en place dans l'Hexagone d'ici 2011. Si la contribution climat-énergie provoque les inquiétudes de certains, elle est soutenue par la grande majorité de la classe politique. Ses modalités font en revanche beaucoup plus débat. Une conférence des experts, menée par l'ancien Premier ministre Michel Rocard, planche actuellement sur la question. Qu'en pensez-vous ?
Qu'est-ce que la taxe carbone? La contribution climat-énergie (CCE) ou taxe carbone, dont la mise en place est prévue pour 2011, a pour projet de taxer les Français (particuliers, entreprises et administrations) en fonction de leur consommation en énergies polluantes (gaz, charbon, fioul ou carburant) (AFP/Archives/Mychèle Daniau). Cette mesure permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de limiter ainsi le réchauffement climatique. Chaque français utilise en moyenne 8 tonnes de CO2 par an. Les premières estimations quant au montant de cette taxe ont évalué à 32 euros la taxe appliquée à la consommation d'une tonne de CO2. Les détenteurs d'une voiture à essence sans plomb paieraient ainsi 58 euros par an, contre 82 euros pour une voiture diesel. Un ménage chauffé à l'énergie fossile devra, lui, payer 128 euros supplémentaires par an.
Contre En cette période de post-apocalypse financière, une nouvelle taxe n'est vraiment pas la bienvenue. La Fédération nationale des transports routiers (FNTR) s'est déclarée "fermement opposée à toute nouvelle aggravation de la fiscalité des entreprises de transport routier". Elle précise que les entreprises de transport routier participent "déjà fortement" à l'effort national en dépensant 2.5 milliards d'euros par an avec la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers). Les associations de consommateurs et les syndicats craignent, quant à eux, que cette taxe ait des répercussions négatives sur le pouvoir d'achat. Le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly a demandé que la taxe carbone "ne retombe pas sur les consommateurs". L'UFC- Que Choisir parle de "menace pour le pouvoir d'achat" et doute même de l'utilité de la taxe."Nous sommes d'accord avec son principe, c'est-à-dire la nécessité de consommer moins d'énergies fossiles. Mais nous avons des doutes sur son efficacité, car le fait de dire : 'on augmente le prix, donc la consommation baisse' n'est pas démontré. Ce lien n'est pas automatique", a déclaré Alain Bazot, président de l'association. De nombreux acteurs sociaux ont également peur que cette taxe ne touche de plein fouet les foyers les plus modestes et isolés qui sont de plus en plus nombreux à se retrouver en situation de précarité énergétique. Pour La grande majorité de la classe politique est d'accord sur le principe de cette taxe, mais les avis divergent sur ses modalités. "Je souhaite que l'on aille le plus loin possible sur la taxe carbone. Plus nous taxerons la pollution et plus nous pourrons alléger les charges qui pèsent sur le travail", a déclaré Nicolas Sarkozy lors de son discours devant le Congrès le 22 juin. La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, a assuré que la taxe ne portera pas atteinte au pouvoir d'achat des ménages. "On trouvera des compensations" a-t-elle dit sans plus de précisions. Quant aux entreprises, le chef de l'Etat a déjà tout prévu en souhaitant l'allégement des charges sociales avec notamment la suppression de la taxe professionnelle, une proposition rejetée par le P.S. Le Parti socialiste propose plutôt la création d'une "contribution climat énergie universelle" (CCEU) concernant "toutes les énergies fossiles et non fossiles" (incluant ainsi l'électricité) et accompagnée "de mesures de justice sociale" pour les plus démunis. Des différentes mesures de compensation pour les particuliers, l'idée de "chèques verts" lancée par la Fondation Nicolas Hulot pourrait être celle retenue. Une somme de 67 euros serait alors distribuée à chaque personne pour se dédouaner de sa pollution énergétique. Les ménages les moins polluants n'auraient rien à payer alors que les foyers les plus pollueurs seraient alors incités (par la création de micro-crédits supplémentaires) à opter pour un mode de vie plus économe en énergies fossiles. Et qu'en pensent les Français ? Selon un sondage collaboratif de l'Institut LH2 pour la Fondation Nicolas-Hulot, les Français sont très favorables à la taxe carbone pour peu qu'ils soient informés. Ils sont ainsi 84% à y être favorable, un chiffre qui passe à 94 % après consultation de vidéos explicatives. Selon vous, taxer les pollueurs : une formidable mesure pour l'environnement ou une fausse bonne idée qui pénalise les ménages ? Qu'en pensez-vous ? Êtes-vous plutôt pour ou contre la taxe carbone ? Laissez-nous vos commentaires en bas de cet article. Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) vendredi 3 juillet 2009 En savoir plus sur la taxe carbone : Article du Monde, L'impact incertain de la taxe carbone Article des Echos, Taxe Carbone : le casse-tête de l'impact sur les ménages |