VOL AIR FRANCE 447 – Après un mois d'enquête, le mystère reste entier
lundi 06 juillet 2009
Un mois après le crash de l'AF447 qui effectuait la liaison Rio-Paris, le Bureau enquêtes analyses a présenté son premier rapport. Si l'enquête a permis d'écarter la thèse de l'explosion en vol, bien peu d'éléments ont été découverts, et les familles, qui attendaient des réponses, en viennent à douter de son impartialité
Récupération de débris de l'Airbus dans l'Atlantique Photo AFP (fournie par la marine brésilienne)
(Rédaction internationale) - Le 1er juin, un Airbus A330-200 de la compagnie Air France, qui effectuait la liaison Rio-Paris, disparaissait en mer. Un mois plus tard, peu d'indices ont été découverts, et le scénario de l'accident n'est toujours pas éclairci. Jeudi, le Bureau enquêtes analyses (BEA) remettait son premier rapport d'enquête. Un rapport bien maigre, qui ne satisfait pas les familles des victimes.
Peu d'indices "L'enquête est difficile, nous n'avons que très peu d'éléments", a prévenu Alain Bouillard, chargé de l'enquête du BEA. Seuls indices réunis : quelques messages automatiques transmis au sol et 640 éléments de l'Airbus repêchés. 51 corps ont également été repêchés, mais le résultat des autopsies, effectuées au Brésil, n'a pas été communiqué.
Le plus gros obstacle à l'enquête reste toutefois l'absence des boites noires, qui n'ont pas pu être localisées. Si les balises n'ont qu'une durée d'émission de 30 jours, le BEA a toutefois décidé de prolonger les recherches jusqu'au 10 juillet, avant d'entamer une seconde phase avec "d'autres moyens et suivant une autre méthode". Mais la profondeur (entre 3.000 et 5.000 mètres) et le relief de l'océan sur la zone de l'accident rendent le résultat de ces recherches très incertain.
Un scénario flou L'analyse des éléments de l'appareil repêchés indique que, contrairement à ce qui avait initialement été envisagé, l'avion "n'a pas été détruit en vol" mais "est arrivé en entier au moment de l'impact". "Aucune trace d'incendie ou d'explosifs" n'ayant été relevée, la piste terroriste a également été écartée.
En revanche, le BEA a bien des difficultés à établir les causes précises de l'accident. L'analyse de messages automatiques transmis par l'avion a permis d'établir une défaillance des sondes Pitot (chargées de mesurer la vitesse de vol). Selon Alain Bouillard, "aucun autre dysfonctionnement n'a été relevé". Et il affirme que cet élément ne peut à lui seul expliquer l'accident, car un tel dysfonctionnement a pour conséquence "une perte du pilote automatique et du directeur de vol", mais "l'avion est pilotable en manuel".
La thèse du foudroiement, évoquée après l'accident, a rapidement été écartée. Météo France a déclaré que les conditions générales étaient "normales pour un mois de juin", mais d'autres pilotes passés dans la zone ont fait état de turbulences. Si cela, seul, ne suffit pas à expliquer l'accident, les conditions météorologiques ont pu être un facteur aggravant.
Les familles insatisfaites Pour certains, le manque d'éléments ne suffit pas à excuser la lenteur de l'enquête. "Certaines familles de victimes ont le sentiment que toute la vérité n'a pas été dite", explique Me Stéphanie Bottai, avocate de la première famille à s'être constituée partie civile. Plusieurs experts ont également dénoncé le manque de transparence de l'enquête. Et sur ce point, les déclarations de la presse brésilienne ne font rien pour apaiser la situation. Quelques jours après l'accident, le journal Folha titrait : "selon des spécialistes, Air France en sait plus que ce qu'elle a divulgué".
Beaucoup doutent aujourd'hui de pouvoir un jour obtenir les réponses à leurs questions, et placent leurs espoirs dans la découverte des boites noires. "Ils peuvent très bien dire qu'une soucoupe volante est entrée en collision avec l'avion, mais s'ils ne trouvent pas les boîtes noires, on ne saura jamais avec certitude ce qui s'est passé", déclare Marco Tulio Moreno Marques, qui a perdu ses parents dans l'accident. Audrey Vassalli (www.lepetitjournal.com) lundi