Mercredi, 30 Mai 2012

Tout en réitérant ses appels d'aide à l'Europe, le gouvernement de Costas Caramanlis durcit son action contre l'immigration clandestine qui submerge le pays en doublant la durée de détention provisoire et en criminalisant le trafic de migrants. Et 1000 euros à la clé pour les candidats volontaires au retour au pays

Nouvelle porte d'entrée en Europe de l'immigration clandestine, la Grèce a vu le nombre de clandestins débarquant sur ses côtes se multiplier ces dernières années. En 2008, 146.337 personnes auraient passé la frontière contre 40.000 en 2005. Avec des demandes d'asiles impossibles à obtenir (à peine 1% accordées par an) et des infrastructures d'accueil inadaptées, le pays se découvre mal préparé à cet afflux.

Aussi, pressé par la montée de l'extrême-droite qui a obtenu 7% des voix lors du scrutin européen, le gouvernement a décidé de durcir le ton en votant, mercredi soir, de nouvelles mesures. Désormais, la durée de détention des migrants avant leur ordre d'expulsion passe de trois à six mois, voire un an, en cas de retards liés aux lenteurs bureaucratiques des pays d'origine. Le trafic de clandestins, jusque là simple délit exposant à un maximum de cinq ans de prison en fonction du nombre de migrants pris en charge, devient un crime, passible de 25 ans de réclusion. Les passeurs devront également s'acquitter d'une amende de 20.000 à 50.000 euros. A l'étude, une prime de 1.000 euros et un billet d'avion, pour encourager les retours volontaires viendraient compléter ces mesures.
Concernant les politiques de contrôle et de protection des frontières, l'intégration sociale des immigrés, le fonctionnement des centres d’accueil et la simplification des demandes d’asile, le gouvernement grec a promis la création prochaine d'une commission de coordination pour l'immigration.

La Turquie en ligne de mire
Lors de sa visite en Grèce la semaine dernière, Jacques Barrot, vice président de la Commission européenne, s'est rendu à Samos, île du Dodécanèse, particulièrement touchée par l'afflux de clandestins venant d'Asie et du Moyen-Orient via la Turquie. Après une visite au centre d'accueil des immigrés de l'île et du navire français participant au programme "Frontex", il s'est entretenu avec le Premier ministre. Il a insisté sur l'importance de la solidarité européenne et la nécessité de faire pression sur les pays, comme la Turquie, pour qu’ils limitent les filières d'immigration clandestine et qu'ils appliquent le pacte "de réadmission". Il a d'ailleurs rappelé que la gestion du dossier immigration par la Turquie ferait partie de l’évaluation des progrès de sa candidature à l’adhésion à l’UE.

Delphine Millet Prifti (www.lepetitjournal.com/athenes.html) lundi 6 juillet 2009

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