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UNION EUROPEENNE – Les Vikings à la barre |
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vendredi 03 juillet 2009 |
Après Paris et Prague c'est au tour de Stockholm de prendre les rênes d'une Union européenne post-crise financière. La Suède souhaite régler le déficit des Etats-membres par plus de rigueur économique mais veut également faire de l'Union un modèle dans la lutte contre le réchauffement climatique. D'autres crises pourraient cependant perturber les projets suédois
Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt (g) et José Manuel Barroso lors de la première journée de présidence de l'UE par la Suède, le 1er juillet 2009 (AFP)
(Rédaction Internationale) - Après une présidence tchèque qui aura plus marqué par ses conflits nationaux que par ses actions européennes, la Suède prend le relais et devient la nouvelle présidente pendant un semestre de l'Union Européenne. "Les grands pays ont beaucoup de ressources, les petits en manquent. Une puissance moyenne comprend mieux la différence qu'il y a entre la domination et la vraie maîtrise des problèmes" a annoncé Carl Bildt, son chef de la diplomatie, faisant ainsi référence à ses prédécesseurs français et tchèques. Si les analystes politiques saluent le sang-froid et la rigueur de la nation scandinave, celle-ci aura fort à faire pour tenter de redresser la barre d'une Europe à la dérive depuis le début de la crise financière.
Réduire les déficits Au cœur de ses 6 mois de présidence, Stockholm a bien entendu placé comme priorité la sortie de crise et la maîtrise de la fracture sociale de la récession, autrement dit l'explosion du chômage dans la zone U.E. L'endettement dans la zone européenne est de plus en plus inquiétant et la Suède, pays qui a bien résisté à la crise, prône aujourd'hui le retour à une rigueur économique."Le temps des plans de relance s'achève, l'heure est venue de mettre en œuvre une stratégie de sortie de crise, surtout dans les pays qui ont de très gros déficits", plaidait le premier ministre Fredrik Reinfeldt, qui souhaite que chaque pays européen fournisse durant la présidence suédoise un plan détaillé de sortie de crise. Cette vision trop rigoureuse n'est pas du goût de plusieurs Etats-membres qui souhaitent relancer l'économie par des investissements importants, à l'instar de la France et de son emprunt national.
L'U.E se met au vert Deuxième volet mis en avant par Stockholm : la lutte contre le réchauffement climatique. Là encore, la Suède fait figure d'exemple. La nation scandinave attend beaucoup du sommet des Nations-Unies sur le changement climatique prévu en décembre 2009 à Copenhague. La Suède, à la tête de l'Union, souhaite convaincre les Etats-Unis et la Chine de se rallier au projet de baisse obligatoire des émissions de gaz à effet de serre. Mais elle devra avant tout persuader les pays les plus pauvres de l'U.E qui ne sont pas encore prêts à mettre la main à la poche pour ce qu'ils considèrent comme un luxe de pays riches.
Des interférences probables "Ce sera une présidence difficile, nous aurons besoin de toute l'assistance de nos vingt-six coéquipiers", a prévenu la jeune ministre suédoise des Affaires européennes, Cecilia Malmström. Si la Suède affiche ses thèmes centraux, elle n'aura en effet certainement que peu de temps pour les traiter. D'autres dossiers viendront surement perturber son mandat comme la situation iranienne de plus en plus chaotique, la crise du gaz entre la Russie et l'Ukraine qui repointe son nez ou le second référendum irlandais sur le traité de Lisbonne. Le scrutin d'octobre sera en effet essentiel car si le "non" l'emportait à nouveau, le rejet du "traité simplifié" provoquerait une crise institutionnelle sans précédent. Un autre sujet délicat devrait provoquer des tensions en Europe et plus particulièrement avec la France : l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Si la France y est opposée, la Suède est clairement pour, ce qui ne plaît pas du tout à l'Elysée. Les récentes déclarations publiques des dirigeants suédois en faveur de l'intégration turque ont d'ailleurs repoussé à aujourd'hui la visite officielle de Nicolas Sarkozy en Suède prévue pourtant au mois de juin. Le Premier ministre suédois persiste cependant et souhaite ouvrir un nouveau chapitre de l'adhésion turque, avec une préférence pour le dossier énergétique. La Turquie menace en effet de ne plus apporter son soutien au projet européen de gazoduc Nabucco si elle n'obtient pas d'avancées. Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) vendredi 3 juillet 2009
En savoir plus Article du Figaro, La Suède veut une présidence «maîtrisée» de l'UE Article de l'Express, Crise et climat au menu de la présidence européenne de la Suède |