Le septuple vainqueur de la grande boucle, dont le départ sera donné samedi de Monaco, effectue à près de 38 ans, et après trois ans et demi d’absence, un retour qui intrigue et passionne l’opinion publique. Dans la quête d’une nouvelle victoire, le Texan aura pour principal adversaire… son équipier espagnol, Alberto Contador
La légende est déjà écrite. Avec sept Tour de France à son actif, conquis de 1999 à 2005, Lance Armstrong s’est échappé du panthéon du cyclisme, où trônent pourtant à la place des rois, Anquetil, Merckx et Hinault, auteurs de la passe de cinq. Le retour de l’Américain à la compétition, annoncé en septembre dernier, s’inscrit dans la lignée des “come-back” que le sport-business a toujours engendré outre-Atlantique.
Michael Jordan, Muhammed Ali, pour ne citer qu’eux, ont décidé un jour, non sans mal, de raviver les couleurs passées de leur album de gloire. Armstrong clame sa passion pour le vélo, moteur essentiel de sa vie, et non la course au record, dans la genése de sa réapparition. On peut le croire, aussi, quand il évoque le sentiment de douleur plus fort que le plaisir au summum de l’effort.
Le rescapé du cancer a organisé son retour à la compétition à travers sa fondation Livestrong, chargée de lever des fonds pour la recherche et le soutien aux malades. Mais que vaut le champion américain, si controversé, en 2009, se demandent à l’envi, les millions de spectateurs, qui le scruteront au bord des routes de France ? Celui hésitant qui a chuté, fin mars, au Tour de Castille-et-Leon, en se fracturant la clavicule, ou le bourreau de travail, qui trois semaines plus tard, reprenait l’entraînement, pour terminer douzième à sa première participation au Tour d’Italie.
Un leader de trop ?
Armstrong a maintenu sa condition physique, pendant sa retraite, en courant des marathons. L’ancien champion de triathlon a peaufiné sa préparation pour le Tour à raison de 180 kilomètres par jour dans le Colorado, avec des montées jugées parfois à 3500 mètres d’altitude.
Celui qui avoue être perçu comme un robot en raison de ses sept victoires, concède : “Je ne cours pas pour la popularité, il faut que je gagne ! Si je sers de valet à Contador, le vainqueur du Tour en 2007, peut-être que le public m’aimera. Mais mon objectif est vraiment de gagner à nouveau, même si à mon âge, ce sera difficile.” L’équipe Astana, avec Alberto Contador et Lance Armstrong en têtes de gondole, surclasse cette promotion 2009 du Tour. Reste à voir si Armstrong, auquel Hollywood consacrera un film issu de son autobiographie “It’s not about the bike”, est prêt à jouer les seconds rôles…
Arnaud Brély (www.lepetitjournal.com) jeudi 2 juillet 2009