Écrit par Stéphanie PICHON
La Französische Filmwoche s’ouvre aujourd’hui ! Jusqu’au 8 juillet, les Berlinois pourront découvrir les films français qui ont marqué l’année cinématographique. Découverte avec Julien Lamy, du bureau du cinéma de l'ambassade de France, à l'origine du festival
Sophie Marceau et Christa Théret dans LOL qui ouvrira le festival, jeudi 30 juinPour sa 9e édition la Französische Filmwoche intensifie le nombre de ses projections. Du 2 au 8 juillet, 20 longs métrages francophones seront présentés parmi lesquels ceux de Agnès Jaoui, Arnaud Desplechin, Christophe Honoré, Claude Chabrol ou Danièle Thompson. Malgré la fermeture du Bureau du cinéma de l’Institut français cet été, cette vitrine du cinéma français à Berlin continuera l’an prochain sous la houlette unique de l’ambassade de France. 2009 sera donc la dernière édition pour Julien Lamy qui était depuis trois ans à la tête du bureau français du cinéma de l’Institut Français. Entretien.
Quel est l’état d’esprit de ce festival?L’idée du festival c’est vraiment de mettre en avant les films français qui sortent sur les écrans allemands et de montrer également certains films plus confidentiels qui ne trouveront pas de distributeur ici. Cette année, nous présentons encore plus de films, 20 exactement. 9 d’entre eux ont déjà trouvé des distributeurs en Allemagne. Les autres espèrent en trouver, mais certains ne seront jamais projetés dans les salles. C’est pour cela qu’on a aussi envie de montrer des films qu’on ne pourrait pas voir autrement sur les écrans allemands.
Cette année on retrouve des films grands publics, mais aussi beaucoup de cinéma d’auteur avec “Louise Michel”, “Séraphine”, “Stella” ou “Les plages d’Agnès”. Recherchez-vous un équilibre entre les genres? Nous privilégions tout d’abord des films qui ne sont pas encore sortis ici et qui sont récents. Nous essayons également de ne pas trop projeter des films qui l’ont été à la Berlinale, même si cette année les spectateurs pourront revoir
Bellamy de Chabrol ou
Un chat un chat de Sophie Fillières. Il n’y pas vraiment de films commerciaux mais un équilibre entre des films grand public comme
LOL (avec Sophie Marceau) ou
Je l’aimais (avec Daniel Auteuil), et d’autres plus confidentiels comme
L’apprenti ou Versailles (avec Guillaume Depardieu).
Matthieu Amalric dans Un conte de NoëlTouchez-vous un public essentiellement français? Non, les spectateurs sont principalement des Allemands, même si la communauté française de Berlin se déplace. On constate la même chose sur le site cineclic.de, qui est plus consulté par des Allemands. L’an dernier 3.500 personnes sont venues au festival. On est loin des 25.000 entrées du festival du film français de Tübingen. Mais cette année, nous espérons bien passer la barre des 4.000.
Des coups de cœur?Oui. Tout d’abord “
Aide-toi le ciel t’aidera” de François Dupeyron, qui n’a toujours pas de distributeur ici en Allemagne. C’est une vraie tranche de bonheur qui a été nominé plusieurs fois aux Prix Lumière, les prix de la critique internationale. Et puis Stella, le premier film de Sylvie Vehreyde où Benjamin Biolay se révèle excellent en patron de bar.
Stéphanie PICHON (www.lepetitjournal.com/berlin.html) jeudi 2 juillet 20099. Französische Filmwoche du 2 au 8 juillet. Au Cinéma Paris et au Filmtheater am Friedrichshain
Programme disponible sur le site du festival
http://www.franzoesische-filmwoche.de 7,50 euros la place - 34 euros le pass festival
Du sourire sur les bobines Que la morosité économique ambiante (et météorologique...) soit balayée dans les salles de ciné. Cette année la Französische Filmwoche agite les zygomatiques. Qui a dit que le cinéma français se prenait au sérieux? Humour décapant dans Louise Michel où les compères de Groland et Yolande Moreau décident de partir à la chasse au patron, au sens propre. Moins provocant, François Dupeyron construit une joyeuse fable sociale avec Aide-toi le ciel t’aidera, et Chiara Mastroianni dévoile un irrésistible penchant à la clownerie dans Un chat un chat de Sophie Fillières. Dans une catégorie plus douce-amère, on retrouvera les talents de dialoguistes de Danièle Thompson dans Le code a changé (photo) et d’Agnès Jaoui dans Parlez-moi de la pluie. La palme de la fantaisie revient à une octogénaire, j’ai nommé Agnès Varda, qui s’offre une autobiographie pirouette avec Les plages d’Agnès. Quant à Chabrol, 80 et quelques balais également, il s’amuse toujours dans ses portraits au vitriol de la bourgeoisie de province. Bellamy en est encore la preuve. |