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Troisième plus grande île de Chine, à une heure de Shanghai par bateau, Chongming constitue une destination de choix pour des aventuriers, cyclistes ou marcheurs. Quand on quitte les villes de Nanmen ou de Baozhen, sur la côte sud de l’île, pour s’enfoncer à l’intérieur des terres, le dépaysement est total La pointe de Chongming, appelée "Marais de l’Est", qui regarde vers la mer de Chine et, placée à l’embouchure du Yangzi, est une réserve naturelle d’oiseaux migrateurs. On ne peut être que subjugué par ce gigantesque marais où il n’y a pas un chat mais des millions de crabes et un silence étrange après avoir quitté la fureur shanghaienne. C’est à l’ouest de ce site exceptionnel que devait naître la ville "écolo" de Dongtan mais après une série de scandales financiers, ce mirifique projet, un tantinet utopique et d’un coût pharaonique a été gelé - peut-être annulé. Il existe bien une zone expérimentale, "Ecological Chen Jia Zhen", car le mot est à la mode, dans le nord-est de l’île mais l’écologie en Chine en est encore aux balbutiements sur le plan éducatif. Pour une journée de balade, on peut coupler la visite du temple de Confucius et du musée de la capitale de Chongming, Nanmen, ainsi que la forêt de Dongping (au nord de Nanmen) qui est aussi un parc d’attraction. Curieux parc, où il n’y a personne mais où les écureuils sont légions. Grands arbres, larges avenues, collines, lac, ponts, plate-forme d’observation des oiseaux ont été déserté (en juillet) pour des étangs plus sauvages et vaseux. Il y a pourtant au printemps et à l’automne, deux millions d’oiseaux qui font escale sur l'île. Pour apprécier le rythme des îliens, il faut davantage de temps et se mouvoir jusqu’à Chenjia, en empruntant le bus local. 
Chenjia, paradis vélocipède
François Gonze (www.lepetitjournal.com/Shanghai) jeudi 2 juillet 2009 Photos : "Penty" Breton et le grand marais de l'est - copyright François Gonze
Chenjia c'est un bourg, une rue principale, des chemins cabossés, pierreux ou poussiéreux, un hôtel correct, un supermarché et des restaurants de cuisine locale. A la tombée de la nuit, la rue s’illumine des lampions colorés de gargotes, sous lesquels on déguste de délicieux mets du jour. On savoure la fraicheur des légumes, du riz, des écrevisses, crabes ou poissons, assaisonnés d’huile et de piment. En arrivant à Chenjia, on peut louer des vélos aux habitants. Les balades cyclistes sont nombreuses à partir du bourg : par exemple au "village socialiste" de Yingdong (compter sept kilomètres) ou bien se rendre, au nord, dans la division administrative de Qian Shao Nongchang (dix kilomètres). Au sud de Yingdong, on découvre parmi les sentiers des fermes piscicoles qui ressemblent, à des "penty" bretons. Plus au nord, on peut se faire une idée de ce qu’était les communes populaires au temps du maoïsme, au milieu de routes arborées, droites, tranquilles, longés de canaux poissonneux. Chercheurs de silence, ici, c’est le paradis. |