Mardi, 14 Février 2012

La défaite de l’équipe de France samedi à Sydney face à l’Australie (22-6) n’entache pas le bilan des joueurs de Marc Lièvremont, auteurs lors de cette longue tournée d’une belle victoire en Nouvelle-Zélande, et d’une courte défaite face à ces mêmes All-Blacks

Photo AFP / Les Australiens sur une touche pendant leur match contre le XV de France, le 27 juin 2009 à Sydney

Les partenaires du capitaine français, Thierry Dusautoir, ont mis fin à la série noire qui privait les Bleus d’une victoire en Nouvelle-Zélande depuis 1994, en s’imposant avec la manière le 13 juin à Dunedin (27-22). Au pays du Long Nuage Blanc, cette deuxième défaite consécutive face aux « Frenchies » a rouvert les plaies de l’élimination cruelle des Blacks à Cardiff, en quarts de finale de la dernière Coupe du Monde, et attisé les critiques destinées au sélectionneur, Graham Henry. Certes, les Blacks étaient diminués par les absences de Dan Carter et de leur emblématique capitaine Richie McCaw, ainsi que des joueurs évoluant à l ‘étranger, mais le quinze façonné par Lièvremont et N’Tamack a fourni ce soir-là un condensé de rugby mêlant rigueur défensive, défi physique et initiatives, mettant des joueurs à la fougère argentée, médusés, sur le reculoir. Toutes les lignes du XV de France ont donné satisfaction lors de cette rencontre initiale. De Barcella, le pilier gauche, à Médard l’arrière, auteur de l’interception de la gagne, en passant par les choix de Dupuy et Trinh-Duc au milieu, la cohérence, si longtemps désirée, 
a enfin saisi le jeu de l’équipe de France. Plus concernés dans les phases statiques lors de la revanche à Wellington, une semaine plus tard, les All-Blacks l’ont emporté logiquement, mais de peu. L’essai d’extra-terrestre de Cédric Heymans a fait le tour du monde, et le ballon échappé devant la ligne par Vincent Clerc, aurait pu inverser le cours de l’histoire.

La charnière toujours en chantier
Au lendemain de l’affaire Bastareaud* qui a jeté le discrédit sur le XV de France et la Nouvelle-Zélande, à deux ans d’une Coupe du Monde, organisée sur son sol, Lièvremont a recadré les objectifs sur le terrain, à la veille d’affronter des Australiens, invaincus chez eux face aux Bleus depuis 1990 : « Il faudra proposer du jeu, se montrer ambitieux, car les Wallabies n’aiment pas qu’on les gênent. » La copie rendue par les Bleus, samedi soir, au stade olympique de Sydney, ne ressemble pas aux consignes édictées précédemment par le coach.
Rattrappés par la fatigue d’une tournée d’un mois, même si sept nouveaux joueurs ont intégré l’escouade bleue pour le dernier match, la mêlée française, trop souvent pénalisée, a offert à Matt Giteau,buteur de grand standing, douze points sur un plateau. Et comme l’ouvreur australien n’est pas maladroit avec ses mains, il est venu conclure un joli mouvement, extérieur-intérieur, pour inscrire l’unique essai du match.
Les Bleus ont offert des certitudes au niveau des avants avec l’émergence du pilier Barcella, la maîtrise d’une solide et conquérante troisième-ligne Picamoles-Dusautoir-Ouedraogo,,ainsi que la confirmation du talent de Médard et Mermoz, pendant cette tournée de l’hiver austral. Il reste encore peu de temps à Lièvremont pour fixer une charnière crédible dans la continuité. Car la paire Yachvili-Beauxis, la onzième installée par le sélectionneur en vingt mois, n’a pas permis de relever ostensiblement le carnet de notes des Bleus à l’examen final.
Arnaud Brély (www.lepetitjournal.com) 29 juin 2009

*Mathieu Bastareaud, 20 ans, le centre du Stade Français et de l’équipe de France, a affirmé avoir été agressé par cinq individus en rentrant tard à son hôtel de Wellington, le 21 juin, après le deuxième Test face aux All-Blacks. Le visage tuméfié, ouvert à la pommette, il a regagné la France via Sydney, le lendemain. Toute la Nouvelle-Zélande, qui organise la Coupe du Monde dans deux ans, a été plongée dans l’émoi par cette nouvelle. Cet émoi s’est transformé en colère contre la France, après le mea-culpa de Bastareaud, qui a avoué être rentré très imprégné d’alcool à son hôtel, avant de trébucher, selon sa version, sur une table de nuit, et menti pour éviter la foudre et les remontrances de ses dirigeants. Cette affaire rocambolesque risque de lui coûter une sanction financière et une suspension, en club et en sélection, conséquente.