Lundi, 13 Février 2012

La visite d’Angela Merkel aux Etat-Unis vendredi dernier a permis à la chancelière et au président américain de réaffirmer leur amitié. Pourtant la presse des deux pays s’interroge sur une relation pas vraiment au beau fixe au vu des dossiers délicats dans les relations germano-américaines tel que la lutte contre la crise économique ou la lutte contre le changement climatique

Les restes du mur de Berlin témoignent des relations toujours particulières entre l'Allemagne et les États-Unis (photo. S. Vannier)

Dans les relations diplomatiques, chaque détail compte. Le fait que le Barack Obama invite Angela Merkel pour la conférence de presse dans le jardin de roses de la Maison Blanche, lieu réservé aux privilégiés, devait un être signe clair d’amitié. Le fait que le ciel s’en mêle et que cette conférence de presse se déroule finalement à l’intérieur de la Maison Blanche, laissera libre cours à l’interprétation des observateurs.

L’épisode de la colonne de la Victoire
Il semblerait en effet que les relations entre la chancelière allemande et le président américain ne manquent pas de nuages menaçants. Outre une différence de caractère et de famille politique, la presse rappelle l’épisode de juin 2008 où Barack Obama, alors candidat à l’élection présidentielle, avait prévu d’effectuer un grand discours à Berlin devant la Porte de Brandenbourg. Angela Merkel lui avait refusé l’accès à ce décor hautement symbolique et Barack Obama avait dû se contenter de la colonne de la victoire en toile de fond. La récente visite du président américain à Dresde et à Buchenwald au début du mois, malgré les discours réconfortants, n’a pas semblé raviver cette relation que la presse américaine qualifie de "frenemies"- friends et enemies.

Divergences sur la crise et le climat
Sur le contenu de la politique des deux pays, les divergences sont en effet importantes. Le gouvernement allemand n’apprécie pas vraiment la réponse apportée par Washington à la crise financière, à savoir faire tourner la planche à billets, ce qui augmente encore la dette américaine. A cela s’ajoute le conflit en Afghanistan où les Etats-Unis attendent plus de soutien de leurs alliés. Last but not least, la lutte contre le changement climatique constitue un autre point d’achoppement. La fin du mandat de Georges W. Bush a certes fait bouger les lignes – le Sénat américain a décidé vendredi dernier d’établir une réduction des émissions de CO2 de 17% de 2005 à 2020 – mais cela reste très loin des attentes européennes.

Amitié affichée
La visite d’Angela Merkel a donc été l’occasion d’afficher clairement des signes d’amitié. Sur la question du climat, la chancelière a eu le réflexe, très diplomatique, d’affirmer que "les positions des deux pays n’avaient jamais été aussi proches". Obama évoque ainsi à son tour "son amie Angela Merkel" et loue son "intelligence et son sens du pratique". Des mots qui ne peuvent que rassurer le clan Merkel dans la perspective des élections fédérales de septembre. En cas de réélection, la chancelière aura le temps de tester cette amitié affichée, à commencer par la conférence sur le climat de Copenhague en décembre.
Sébastien VANNIER (www.lepetitjournal.com/berlin) lundi 29 juin 2009.