|
PROCHE ORIENT – Les colonies de la discorde |
|
|
|
lundi 29 juin 2009 |
En visite sur le vieux continent, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu a été reçu par Nicolas Sarkozy, qui l'a appelé à un "gel total" de la colonisation israélienne en territoire palestinien. Alors qu'une grande partie de la classe dirigeante internationale, Etats-Unis en tête, souhaitent tous la même chose, le faucon, lui, rejette tout bonnement l'idée, quitte à paralyser le processus de paix
Des bédouins palestiniens dans leur village face à la colonie juive de Maale Adumim en Cisjordanie (AFP)
(Rédaction Internationale) - Depuis le retour au pouvoir de Netanyahu en Israël et l'élection d'Obama aux Etats-Unis, le gel de la colonisation israélienne en Cisjordanie est le point clé d'un possible retour au processus de paix. Obama fait pression sur Tel-Aviv comme jamais, mais le faucon israélien fait la sourde oreille sur ce sujet sensible. En Europe aussi, Netanyahu est mis sur le grill.
En France, "le président de la République a appelé Israël à prendre, sans attendre, toutes les mesures possibles pour encourager la confiance" avec les Palestiniens, "à commencer par le gel total des activités de colonisation, ainsi que l'amélioration décisive des accès et mouvements pour les populations civiles palestiniennes" a indiqué un communiqué de la présidence de la République.
La pression internationale s'accroît Nicolas Sarkozy rejoint ainsi les positions défendues par la grande majorité des dirigeants internationaux attendant de l'Etat hébreu un gel de la colonisation des territoires palestiniens pour pouvoir relancer le processus de paix au Proche-Orient. Le président américain Barack Obama a été le premier à exhorter, il y a de ça plusieurs semaines, Israël à geler sa colonisation et à accepter la création d'un Etat palestinien, en échange de quoi les Palestiniens devront démilitariser leur territoire et reconnaitre Israël comme un Etat juif. Cette solution a été soutenue par les ministres arabes des Affaires étrangères qui se sont réunis la semaine dernière. Les pays arabes "sont prêts à agir de manière positive vis-à-vis des propositions du président Obama pour un règlement du conflit arabo-israélien", ont affirmé les ministres dans un communiqué à l'issue d'une réunion au siège de la Ligue arabe au Caire. Les pays arabes se disent d'ailleurs prêt à reconnaître le caractère juif d'Israël si l'Etat hébreu procède d'abord à un gel de sa colonisation "y compris à Jérusalem-est".
Un pas en avant, deux pas en arrière Le seul hic dans l'histoire c'est que si Benyamin Netanyahu est prêt à accepter la solution des deux Etats, il exclut en revanche tout gel de la colonisation. Lors de son discours du 14 juin, devant la pression internationale et nationale croissante, le Premier ministre israélien a pour la première fois évoqué la création d'un Etat palestinien mais sous ses propres conditions : un Etat aux frontières encore floues, démilitarisé et dont l'espace aérien sera contrôlé par l'Etat hébreu."Il a parlé d'un Etat palestinien, mais c'est un fragile roseau auquel s'agripper étant donné toutes les conditions posées" a expliqué Steven Cook, spécialiste du Proche-Orient au Conseil des relations étrangères. La question centrale du gel des colonies, qui offrirait une fenêtre de négociations entre les différentes parties, a été une nouvelle fois éludée par Benyamin Netanyahu, qui concède tout au plus de ne plus créer de nouvelles colonies mais continue l'extension des structures déjà existantes. Son ministre de la Défense, Ehud Barak a ainsi donné son feu vert mardi dernier à la construction de 300 nouvelles habitations dans la colonie juive de Talmon, en territoire occupé. Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) lundi 29 juin 2009.
En savoir plus Article de 20 minutes, «Netanyahu a gagné du temps» Article du Monde, Sarkozy demande à Israël le gel total de la colonisation |