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EXPO - Le phénomène quinqui au CCCB |
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jeudi 25 juin 2009 |
La figure du
"quinqui" (qu'on pourrait traduire par "loubard") est né pendant la
transition démocratique en Espagne. Crise économique, chômage, héroïne
et plans d'urbanisations intensifs ont donné naissance à une vague de
délinquance juvénile dont le cinéma s'est emparé entre 1978 et 1985. Le
CCCB consacre une exposition à la culture quinqui jusqu'au 6 septembre
Photo: Affiche du film Colegas. Eloy de la Iglesia, 1982
En
1983, en Espagne, le chômage touchait 2.200.000 personnes, dont 60%
étaient des jeunes de moins de 25 ans à la recherche de leur premier
emploi. Les plans d'urgence sociale mis en route dans les années 1970 ont
donné naissance à des quartiers démesurés et de piètre qualité autour
des villes. Le quartier de la Mina de Barcelone est un de ces quartiers
prototypes qui se mirent à éclore partout dans le pays.
En 1975, 25% de
la population de plus de 14 ans était exclue du système scolaire. C'est
dans ce contexte qu'une génération de jeunes sans perspective d'avenir
se mit à survivre en commettant des petits délits. L'exposition
"Quinquis dels 80. Carrer, premsa i carrer", commissionnée par Amanda
Cuesta y Mery Cuesta, offre un regard sur le cinéma quinqui et son
interpénétration avec les médias de l'époque, les deux regards se
nourrissant l'un de l'autre. Elle met aussi en valeur les
transformations sociologiques et culturelles qui touchaient la société
espagnole des années 1970-1980, comme l'apparition de nouvelles
technologies, de nouveaux loisirs et d'un style de vie plus
consumériste. La salle de jeux de quartier par exemple occupe toujours
une place centrale dans les films quinquis puisqu'elle devient le point
de rencontre des jeunes.
Des héros de la rue Les films quinquis les plus emblématiques sont Navajerros (1980, Eloy de la
Iglesia), Perros Callejeros (1977, José Antonio de la Loma)
et Yo, El Vaquilla (1985, José Antonio de la Loma). Yo, El Vaquilla
est de genre autobiographique et fit de son interprète une réelle star.
La curiosité irrésistible des médias pour ces authentiques
représentants de la rue a en effet contribué en grande partie à leur
mythification. Le genre a aussi donné naissance à un sous-genre
littéraire important. El Vaquilla et El Jaro sont les héros quinquis
les plus connus. Mais la plupart de ces héros a connu un destin
tragique et une gloire éphémère, à la manière des héros actuels de la télé réalité. Leur image trouve en tout cas un grand écho chez les
générations actuelles et continue à fasciner. Elle représente en
quelque sorte le côté obscur et tragique de la période de la Movida, ce
grand tourbillon libérateur et créateur qui a secoué la vie quotidienne
et artistique des Espagnols. Le ciné quinqui a aussi érigé en mythe
dans ses bandes originales des groupes de l'époque comme Los
Chunguitos, Los Chichos, Bordon 4 ou Las Grecas, représentants de la
"rumba de carrer" (style de musique rumba populaire et métissé).
Elisabeth Chanard (www.lepetitjournal.com/Barcelone) le 25 juin 2009.
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